Kesa se rebaptise Darty en attendant une cotation à Paris
Après avoir tiré un trait sur sa filiale britannique Comet, Kesa Electricals va se rebaptiser Darty à partir du 31 juillet «afin de refléter (…) la force de cette marque phare», a annoncé hier Thierry Falque-Pierrotin, directeur général du groupe d’électroménager, en présentant des résultats annuels fortement déficitaires.
Les moins-values sur cessions d’actifs, occasionnées par la vente de Comet au fonds OpCapita pour 2 livres symboliques, ont conduit Kesa à extérioriser une perte nette de 313,9 millions d’euros sur son exercice clos le 30 avril, contre un bénéfice de 30,7 millions dégagé un an auparavant. L’action a perdu 5% à 52,5 pence à Londres, portant son repli à près de 60% sur un an.
Sur la base du nouveau périmètre d’activités, la perte nette annuelle ressort à 39,7 millions d’euros contre un bénéfice de 51,1 millions à fin avril 2011. Si le chiffre d’affaires des activités poursuivies recule de 2% à 4 milliards (-3,5% à périmètre constant), il est préoccupant de voir Darty France, qui représente désormais près de 70% de ses ventes, enregistrer une baisse encore plus importante de 4,2%.
Citant des conditions de marchés «particulièrement difficiles dans l’ensemble de l’Europe», le directeur général mise sur «la force d’un positionnement orienté sur le service aux clients, une approche multicanal et une efficacité opérationnelle améliorée» pour redresser le groupe. Il envisage une relocalisation de sa cotation de Londres à Paris et n’exclut pas des cessions d’actifs en Espagne, en Italie ou en Turquie. Ce contexte délicat a par ailleurs incité le conseil d’administration à réduire de moitié le dividende annuel payable au titre de l’exercice écoulé, à 3,5 cents par action.
«Nous ne tablons pas sur un redressement rapide des bénéfices» indique Philip Dorgan, analyste chez Panmure Gordon, en jugeant «raisonnable» le réalignement du dividende. Cette initiative sera néanmoins insuffisante pour améliorer une situation de trésorerie fortement dégradée, qui a conduit à un endettement net de 126 millions d’euros au 30 avril dernier contre une trésorerie nette de 121 millions un an plus tôt.
Les tirages effectués sur son crédit revolving de 455 millions d’euros, qui expire fin 2015, ont de leur côté quasiment doublé d’une année sur l’autre pour atteindre 230 millions sur l’ensemble de l’exercice.
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