Ipsen inquiète le marché par ses nouvelles dépréciations
Comme l’an dernier à la même époque, Ipsen annonce une nouvelle série de dépréciations, plus lourdes, sanctionnées par une baisse de 5,65% de l’action à 21,70 euros. Ces dépréciations pourraient atteindre 110 à 130 millions d’euros après impôts sur les comptes 2011 selon le laboratoire pharmaceutique. Elles s’expliquent principalement par la révision par Ipsen des prévisions de ventes d’Inspiration (traitement de l’hémophilie), biotech qu’il détient à hauteur de 40,7% sur une base diluée; et par les incertitudes entourant l’approvisionnement d’Increlex (hormone de croissance), l’usine de production aux Etats-Unis qui attend une prochaine inspection des autorités sanitaires américaines (FDA).
Déjà en 2010, la plus grande partie des 80,3 millions d’euros de dépréciations concernaient cette molécule. « Même si la plus grande partie des dépréciations n’aura pas d’impact sur le cash-flow du groupe, c’est une reconnaissance d’une acquisition à un prix trop élevé d’Inspiration mais surtout d’un avenir plus difficile pour cette franchise hémophilie. Dès lors, le groupe pourra-t-il tenir ses engagements de forte croissance à partir de 2015 ? » s’interroge Oddo, abaissant son objectif de cours de 33 à 24 euros.
Pour autant, la transformation d’Ipsen, depuis l’arrivée de Marc de Garidel à sa tête en novembre 2010, porte ses fruits. Le chiffre d’affaires du quatrième trimestre a progressé de 14,6% à 296 millions d’euros, alors que le consensus Bloomberg n’espérait que 279 millions. Une performance due notamment au fort rebond de la médecine générale (+15,5%). «Compte tenu d’une fin d’année plus porteuse, nous sommes confiants dans la capacité du management à dépasser les attentes du marché en termes de résultat opérationnel ajusté 2011», relève Natixis, attendant 214 millions d’euros. Ipsen a confirmé son objectif de 190 à 200 millions d’euros.
Sur l’année, Ipsen a atteint ou dépassé ses objectifs de vente, avec une hausse (hors effets de change) de 8% de la médecine de spécialité (65% du chiffre d’affaires du groupe), pour un objectif «proche de 8%», et de 1,3% de la médecine générale, pour une fourchette prévisionnelle de -3% à -5%. Soit une croissance de 5,7% du chiffre d’affaires médicaments, «une performance solide dans un environnement délétère, note Aurel. Les fondamentaux restent bons».
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