Ingenico place ses convertibles avec une prime élevée de 40 %
Ingenico a fait carton plein pour son émission d’«Océane». Conseillé par Rothschild, le spécialiste des solutions de paiement a placé hier sans difficulté 220 millions d’euros d’obligations à option de conversion et/ou d’échange en actions nouvelles ou existantes, de maturité 1er janvier 2017.
La forte demande avait déjà permis dans la journée aux banques chargées de l’opération – Lazard-Natixis et la Société Générale comme coordinateurs globaux, Goldman Sachs en chef de file – de relever la fourchette de prime proposée de 35 à 40%, contre 30 à 35% initialement. Les titres ont finalement été placés à 37,45 euros, soit une prime de 40%. Le coupon a été fixé lui aussi en bas de fourchette, à 2,75%. Si l’option de surallocation à 250 millions est exercée d’ici au 9 mars, la dilution maximum en cas de conversion atteindrait 11,5%.
La prime de 40% dépasse largement celle des autres «Océane» émises depuis le début de l’année, qu’il s’agisse de Pierre & Vacances (25%, avec un coupon de 4%) ou de CGGVeritas et d’Orpea (27,5% avec des coupons respectifs de 1,75% et 3,875%). On retrouve là les niveaux atteints lors de la vague d’émissions de convertibles en 2009. Mais à cette époque, les cours boursiers étaient beaucoup plus bas et pouvaient justifier des primes élevées.
De sources proches, l’opération Ingenico aurait été 6 à 7 fois sursouscrite, et l’allocation a privilégié les fonds convertibles dédiés. La société a pu faire valoir ses perspectives de croissance, mais est aussi allée tester le marché à un moment favorable. Les investisseurs avaient en main ses comptes annuels, publiés le 28 février, et les fonds convertibles bénéficient aujourd’hui d’amples liquidités à investir.
Ingenico, dont la dette nette s’élevait à 109 millions fin 2010, diversifie et rallonge ainsi son financement. Depuis le rachat d’Easycash, il porte une dette bancaire amortissable de 210 millions d’échéance septembre 2014 et deux lignes de même maturité d’un total de 160 millions, tirées à hauteur de 34 millions. Mais pour les analystes de CA Cheuvreux, «avec une dette nette attendue à 30 millions à fin 2011, le lancement de cette convertible témoigne des grandes ambitions du groupe en matière de croissance externe». Avec, selon plusieurs observateurs, une cible possible aux Etats-Unis, si Verifone se voit imposer par l’antitrust américain la cession de certains actifs d’Hypercom dans les paiements.
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