Iliad va devoir revoir son offre pour convaincre Deutsche Telekom
Deutsche Telekom n’a pas l’intention de se précipiter pour vendre sa filiale américaine T-Mobile US. «Nous avons toujours dit que nous sommes ouverts à toute offre pour T-Mobile US qui améliore sa position et celle de ses actionnaires», a déclaré hier Tim Höttges, le président du directoire de l’opérateur allemand, lors de l’annonce des résultats semestriels. Mais, «à l’heure actuelle, nous n’avons pas d’offre qui satisfasse ces conditions.» Iliad, qui a révélé fin juillet être prêt à débourser 15 milliards de dollars pour acheter 56,6% du capital de T-Mobile US, à 33 dollars par action, va donc devoir revoir sa copie s’il veut convaincre le conseil de Deutsche Telekom, soucieux de la capacité du groupe français à gérer le quatrième opérateur américain au moment où celui-ci pourrait avoir besoin d’engager 5 à 10 milliards de dollars pour acheter de nouvelles fréquences.
Le groupe allemand doute également à demi-mot des synergies que permettrait de dégager le rachat de T-Mobile US par Iliad. «Nos activités aux Etats-Unis sont excellentes, elles sont en croissance organique», a rappellé le président du directoire et «pour l’instant, nous n’avons reçu aucune offre qui nous assure de meilleures perspectives de croissance que celles que nous avons actuellement.» De son côté, une source proche d’Iliad a indiqué à Reuters que le groupe envisagerait une éventuelle amélioration de son offre à condition de pouvoir discuter avec Deutsche Telekom pour mieux cerner ses attentes. Il attend également de voir si un autre acquéreur se révèle dans les prochains jours, maintenant que Sprint a officiellement renoncé à T-Mobile US.
Deutsche Telekom pourrait toutefois avoir besoin de céder sa filiale américaine pour renforcer ses positions en Europe. «Depuis le début de l’année, nous avons investi 4,3 milliards d’euros –soit plus que n’importe quelle autre entreprise de notre secteur en Europe», a insisté Tim Höttges, et «d’ici à la fin de l’année, Deutsche Telekom aura investi la somme énorme de plus de 9 milliards d’euros, hors dépenses de fréquence.» Le marché allemand, qui devient de plus en plus concurrentiel, a concentré à lui seul près de la moitié des 2,2 milliards d’investissements du deuxième trimestre –un chiffre en progression de 60% par rapport à l’année précédente–, ce qui illustre, d’après le président du directoire, la volonté du groupe de défendre sa position sur son marché domestique.
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