Iliad part à la conquête des Etats-Unis en courtisant T-Mobile US

Le groupe français a soumis à l’opérateur américain une offre indicative de 15 milliards de dollars pour 56,6% du capital
Benoit Menou
Iliad, maison mère de Free -
Iliad, maison mère de Free -  -  Bloomberg

«Bravo à Xavier Niel qui incarne l’esprit de conquête dont nous avons besoin.» Telle est la réaction, transmise par tweet, de la secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, Fleur Pellerin, à la surprenante nouvelle tombée hier soir: l’opérateur télécoms français Iliad se permet un rêve américain, celui de s’emparer du contrôle de T-Mobile US. Dans le sillage d’un article du Wall Street Journal faisant état du projet, la maison mère de Free a abattu ses cartes par communiqué. Iliad a confirmé son intérêt pour l’opérateur américain, filiale de Deutsche Telekom. Le prétendant souligne un «positionnement en rupture» de sa cible qui, «à de nombreux égards, est similaire à celui d’Iliad en France».

Le groupe français précise avoir adressé au conseil d’administration de T-Mobile US une offre indicative, soumise à examen approfondi des comptes. Iliad propose ainsi 15 milliards de dollars en numéraire pour 56,6% de sa cible, à raison de 33,0 dollars par action. Le groupe assure évaluer les 43,4% restants du capital à 40,5 dollars par titre étant donné 10 milliards de synergies attendues. Le prédateur assure s’être «assuré du soutien de banques internationales de premier plan pour la dette d’acquisition», qui serait, selon Iliad, associée à un financement en fonds propres d’«environ 2 milliards d’euros».

Si le projet, comme le stipule son initiateur, ne doit «pas poser de difficultés au regard des règles relatives au droit de la concurrence, compte tenu du fait qu’Iliad n’est pas présent aux Etats-Unis», un marché «à la fois vaste et particulièrement attractif», il était inattendu. En raison tout d’abord de la taille des deux parties, Iliad justifiant l’an passé d’un chiffre d’affaires de 3,7 milliards d’euros contre 26 milliards de dollars pour T-Mobile US. Qui plus est, T-Mobile est d’ores et déjà au centre du jeu de la recomposition du secteur outre-Atlantique, le japonais Softbank manœuvrant depuis de nombreux mois pour unir sa filiale américaine Sprint avec celle de Deutsche Telekom. Mais les négociations officieuses semblent s’éterniser. Du fait notamment des soucis que l’opération pourrait créer en termes de concurrence, Sprint et T-Mobile US étant respectivement numéros 3 et 4 de la téléphonie mobile aux Etats-Unis. Les régulateurs américains se sont à plusieurs reprises exprimés en faveur de l’arrivée de nouveaux acteurs. Deutsche Telekom n’en pas moins jugé hier soir non compétitive l’offre d’Iliad, lui préférant celle potentielle de Sprint.

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