Iglo Group illustre l’appétit retrouvé des investisseurs pour les financements de LBO
Iglo Group profite de l’ébullition du marché de la dette. Le groupe britannique de surgelés, sous LBO chez Permira depuis 2006, vient d’achever le refinancement de 1,726 milliard d’euros de dette senior. Une transaction allégée en contraintes financières (cov-lite), emblématique de la remontée progressive du risque.
Le refinancement est majoritairement composé de prêts à terme, arrivant à maturité en 2020. La première tranche, d’un montant de 620 millions d’euros, porte une marge de 4,25%, dans le bas de la fourchette proposée aux investisseurs. La seconde, libellée en livres sterling, pour 400 millions, est un peu plus chère (4,75%) mais se situe également dans le bas de la fourchette. En parallèle, 500 millions d’euros d’obligations ont été émis, en totalité à taux variables, alors qu’initialement une tranche fixe avait été prévue. Le taux est basé sur l’Euribor augmenté de 4,50%. Leur maturité est également fixée à 2020. Enfin, le groupe puisera dans sa trésorerie, pour environ 100 millions d’euros, afin de rembourser le solde de la dette. L’opération a été réalisée par Credit Suisse, Deutsche Bank et Nomura.
«La transaction a été souscrite par un large éventail d’investisseurs institutionnels (high yield, loan et bancaire), permettant au groupe de réduire ses charges financières et de diversifier ses sources de financement», indique Iglo dans un communiqué. Après cette opération, le ratio de levier ressort à un peu plus de 5 fois. Mais en intégrant le prêt d’actionnaire de 1,2 milliard d’euros, S&P indique que la dette nette représentera 11,2 fois l’Ebitda fin 2014, contre 12,1 fois en 2013. Il devrait rester stable en 2015, avec des cash-flows couvrant 2,8 fois les charges financières (2,7 fois en 2014).
Ce refinancement intervient alors que le spécialiste des surgelés a lancé l’an dernier un plan de développement, sous la houlette de son nouveau directeur général, Elio Leoni Sceti. L’objectif vise à doubler le chiffre d’affaires d’ici à 2020, pour atteindre 3,2 milliards d’euros. La remise à plat de la dette ouvre également la voie à un changement d’actionnaire dans les prochains mois, notamment par une introduction en Bourse. Permira avait acheté Iglo en 2006 pour une valeur de 1,8 milliard d’euros. Mais l’opération de recapitalisation de 2012 a déjà permis à l’actionnaire de faire remonter 319 millions d’euros de dividende.
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