Icade négocie le rachat de la part de Groupama dans Silic
Les 44 % de l’assureur dans la foncière seraient repris par la Caisse des dépôts via Icade et CNP Assurances, a appris « L’Agefi »
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Bruno de Roulhac
Groupama est bien en train de céder sa part de 44% dans Silic. «Les discussions en cours avec la Caisse des dépôts, Icade et CNP [détenus respectivement à 56% et 40% par la CDC] sont bien avancées», confie à L’Agefi une source proche du dossier. Depuis quelques jours, le marché bruit de rumeurs sur les noms des éventuels repreneurs de la foncière.
En termes de patrimoine, «Icade pourrait être la principale foncière cotée intéressée, confie Laetitia d’Epremesnil, analyste chez Tradition Securities. Toutefois, la filiale de la Caisse des dépôts ne peut pas se permettre d’accroître son effet de levier. Et au regard de la décote actuelle du secteur, il est difficile de lever des capitaux. D’autant que Solvabilité 2 favorise les investissements en direct plus que dans le coté». Aussi, la reprise avec la CDC et CNP Assurances «aurait un sens pour Icade», selon Pierre-Loup Etienne, analyste chez Alphavalue. Pour l’heure, Groupama, la CDC, et CNP se sont refusés à tout commentaire. Icade n’était pas joignable.
Mais «dans les dernières années, Groupama a déjà eu des contacts avec Icade et la CDC pour céder sa part dans Silic», confie la source. Au cours d’hier, le bloc de 44% valait 575 millions d’euros.
Bien que son cours recule de 20% depuis le début de l’année, Silic n’est pas en meilleure position pour être vendue avec un effritement des loyers (-2,4% sur les neufs premiers mois de l’année à périmètre identique), avec «un cash-flow que nous attendons en baisse de 10% sur 2011, et une absence de rotation du patrimoine», ajoute Laetitia d’Epremesnil, rappelant que Tour Eiffel cherche, sans succès, un repreneur. D’ailleurs, le prix pourrait être une pierre d’achoppement dans les négociations en cours. D’autant que d’autres acteurs seraient intéressés. «Si Unibail-Rodamco a le cash nécessaire, les actifs de Silic ne sont pas au cœur de sa stratégie» précise Pierre-Loup Etienne.
De plus, en cas de changement de contrôle, le repreneur doit aussi renégocier la dette. Silic affiche un ratio d’endettement (LTV) de 40,4% fin juin en ligne avec le secteur. Toutefois, «avec une maturité résiduelle moyenne de 3,8 ans, les renouvellements des lignes de crédit à venir prochainement (120 millions d’euros dans la prochaine année) seront de véritables défis pour Silic et restent donc un enjeu pour son principal actionnaire - acquéreur potentiel», prévient Pierre-Loup Etienne.
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