IA : la menace boursière qui accompagne l’émergence des concierges numériques
Amazon Echo et Google Home n’ont pas atteint leur majorité qu’ils sont déjà relégués à la préhistoire de ce qu’on appelle aujourd’hui la vague des IA agentiques / concierges numériques, ou pour l’écrire autrement, ces grands modèles de langages qui vont au-delà de l’outil conversationnel pour effectuer des actions avec autonomie. Ils sont d’ores et déjà pressentis pour effectuer de nombreuses tâches en notre nom, comme réserver un billet de train, une location de voiture, faire les courses en ligne pour remplir un réfrigérateur connecté, ou encore accomplir certaines routines administratives.
L’effervescence actuelle vient créer un décalage temporel entre ce que les agents - comme Operator d’Open AI – sont réellement capables de faire et ce que nous projetons, ce qui ne manquera pas d’être «boursièrement douloureux» le moment venu. Néanmoins, il n’est pas trop tôt pour nous interroger sur les mutations structurelles que ces agents peuvent apporter à l’organisation d’internet et aux acteurs établis.
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Plateformes assiégées ?
Les plateformes internet (Uber, Booking, Expedia, Google, etc.) prospèrent sur plusieurs éléments : grâce à leur centralité, elles attirent le trafic humain naturellement et elles sont passées maîtres dans l’art de tirer parti de nos biais cognitifs ou de nos impulsions pour effectuer des ventes additionnelles.
Les concierges/agents numériques se positionnent au-dessus des plateformes, en désintermédiant le lien de ces dernières avec l’humain. Une plateforme qui n’a plus le lien direct, perd à la fois la captation naturelle du trafic via nos habitudes ou la publicité et la capacité à faire des ventes croisées une fois que nous sommes sur le site.
Cela signifie que l’éditeur de l’agent IA peut arbitrer entre les plateformes avec rationalité et froideur, sans dépenser le moindre centime au-delà du nécessaire et ne rechignant pas à éplucher plusieurs centaines de sites avant d’enclencher une décision, ce que peu d’humains prendraient le temps de faire.
Evidemment la tentation de corrompre l’éditeur de ces concierges sera grande et il sera essentiel que ces dernières se rendent auditables par des tierces parties ou par le régulateur de la concurrence.
La redistribution de valeur se fera donc au détriment des plateformes existantes, ce qui constitue un risque boursier significatif, au niveau de la perception dans un premier temps, et au niveau des résultats dans un second temps, qui reste à définir….
Futur lointain ou proche ?
Une question importante dans ce domaine concerne le taux de succès de ces concierges numériques, à commencer par la plus connue : Operator d’Open AI. Le taux de succès sur des opérations liés à la réservation de billets semble plutôt de l’ordre de 50%, là où un score supérieur à 99% serait nécessaire pour atteindre une viabilité économique. Les plateformes ont donc encore un peu de temps pour préparer leurs défenses, mais le feront-elles ?
Le nombre de plateformes qui entrent en partenariat avec OpenAI est troublant, notamment dans le domaine du tourisme. C’est là que le dilemme du prisonnier se matérialise : ne pas s’associer aux concierges, c’est prendre le risque de perdre une partie de son chiffre d’affaires à terme. Tous s’associer aux concierges, c’est démultiplier leurs chances de devenir les nouveaux acteurs dominants.
Sous-secteur par sous-secteur, c’est donc le même scénario qui va se jouer et l’issue dépendra de la structure et de la détermination de chaque plateforme à préserver ses acquis de l’internet 2.0
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