Histoire d’Or passe la bague au doigt des investisseurs obligataires
L’univers du LBO (leveraged buy-out) continue à alimenter le marché du haut rendement. Dernier dossier en date: Thom Europe, la holding de contrôle du réseau de bijouteries-joailleries Histoire d’Or. Jusqu’à vendredi, la société démarche les investisseurs avec l’appui de Goldman Sachs et Credit Suisse. Elle cherche à lever 345 millions d’euros d’obligations high yield à 5 ans, qui ont reçu une note B2 de la part de Moody’s.
Histoire d’Or entend ainsi rembourser la dette bancaire montée lors de son rachat par Bridgepoint début 2010. Le fonds d’investissement avait alors fusionné la chaîne avec son concurrent Marc Orian et avait pris 60% du capital du nouveau groupe, aux côtés d’Apax (25%), de Qualium (10%) et des dirigeants.
L’entreprise envisage d’émettre deux tranches de senior secured notes: l’une à taux fixe pour au moins 200 millions, le solde à taux variable. Une dernière option de plus en plus prisée par les fonds actionnaires de sociétés sous LBO, car elle permet de raccourcir le délai de rachat anticipé des obligations et de faciliter une cession éventuelle. Ajouté à la trésorerie du groupe, le produit de l’émission permettra de solder 212 millions d’euros de dette bancaire résiduelle et de verser aux actionnaires près de 154 millions d’euros, le prix des obligations convertibles qu’ils détiennent. Histoire d’Or financera aussi, pour 14 millions, le rachat de 31 bijouteries Piery.
A l’issue du refinancement, les investisseurs se retrouveront exposés à une société «très leveragée», selon Moody’s, avec une dette brute de 6,5 fois l’Ebitda à fin juin. Le bijoutier verra aussi sa trésorerie réduite à 10 millions d’euros. Il bénéficiera cependant d’une ligne de crédit renouvelable de 60 millions, margée à 350 points de base et assortie d’une seule condition, celle de réaliser un résultat opérationnel supérieur à 42 millions. Lors de son dernier exercice annuel clos à fin septembre 2013, le groupe a dégagé un Ebitda de 63 millions, en recul par rapport à 2012 et 2011.
Cette ligne de crédit «est très importante compte tenu de la forte saisonnalité de l’activité», juge Moody’s. Les boutiques Histoire d’Or, qui dégagent 345 millions de chiffre d’affaires à l’année, en réalisent près du quart à Noël. Comme toute activité de commerce de détail, Thom reste aussi très exposé au cycle économique de la France. L’international ne pèse que 7% de ses ventes.
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