GM passera une charge de 750 millions de dollars pour ses rappels de véhicules

La succession de défaillances sur plusieurs modèles contraint le constructeur américain à rappeler 1,3 million de voitures supplémentaires
Yves-Marc Le Réour

Les déboires grandissants de General Motors (GM) aux Etats-Unis font désormais penser à ceux connus par Toyota voici quelques années. Dans un communiqué publié hier soir, le constructeur automobile a annoncé avoir notifié à la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), l’organisme de sécurité routière américaine, son intention de rappeler «plus de 1,3 million de véhicules supplémentaires sur le territoire américain pour un défaut dans le système de direction assistée».

Les modèles concernés, dont la production s’est globalement étalée entre 2004 et 2010, sont des Chevrolet (Malibu, Maxx, HHR et Cobalt) des Saturn Aura et Ion ainsi que des Pontiac G6.

Ce rappel s’ajoute aux 2,6 millions de voitures qui ont déjà fait l’objet d’un rappel pour un défaut du commutateur d’allumage ayant empêché les airbags de se déployer, ce qui a entraîné le décès d’au moins 13 personnes. Le constructeur automobile américain a précisé qu’il passerait dans ses comptes du premier trimestre une charge totale liée à ces rappels «pouvant aller jusqu'à 750 millions de dollars», un montant deux fois et demi plus élevé que les 300 millions de dollars qu’il anticipait jusqu’ici.

Ce nouveau revers devrait compliquer encore davantage la tâche de Mary Barra, directeur général de GM depuis la mi-janvier, qui doit être auditionnée cet après-midi par le Congrès. «Je ne peux pas vous dire pourquoi ça a pris autant de temps pour annoncer un défaut de sécurité dans ce programme, mais je peux vous dire que nous trouverons», promet Mary Barra dans ses propos distribués à des journalistes avant cette audition. Elle renouvelle les excuses aux familles des victimes et assure que le premier constructeur automobile américain prendra ses responsabilités.

Selon deux documents, l’un produit par GM et l’autre par le Congrès, le groupe automobile était au courant du défaut dès 2001 lors de la pré-production d’un des modèles, la Saturn Ion. La patronne de General Motors, qui se dit «déterminée» à mettre en place de nouvelles procédures de travail a déjà nommé un responsable de la sécurité, Jeff Boyer, qui lui rend des comptes directement. Si les 6 millions de véhicules désormais rappelés par GM pour raisons diverses n’atteignent pas encore les 9 millions rappelés par Toyota en 2009-2010, l’image du groupe américain paraît déjà bien compromise.

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