Glencore contredit les craintes d’un retournement de cycle
Ivan Glasenberg, le directeur général de Glencore, a répondu hier, à sa façon, aux questions soulevées par l’annonce mardi du projet de scission géante de son concurrent BHP Billiton. «Le ‘super cycle’ [du secteur minier] n’est pas terminé, la Chine continue d’acheter, la demande pour les matières premières n’a pas ralenti, c’est toujours aussi élevé que ça l’était», a lancé le dirigeant emblématique du producteur et premier courtier mondial en matières premières. Selon lui, le groupe continue de croître et il n’exclut pas de réaliser des acquisitions dans des domaines où il n’y a pas de problèmes de surcapacités.
Pour enfoncer le clou, Glencore a annoncé hier l’ouverture d’un programme de rachat d’actions pour un montant d’un milliard de dollars. La veille, BHP Billiton avait déçu en ne prévoyant pas de retour aux actionnaires dans le cadre de son projet de scission. Ce programme de rachat d’actions, qui devrait être achevé d’ici à la fin du mois de mars prochain, vise à redistribuer une partie du produit de la cession à un consortium chinois de la mine de cuivre de Las Bambas au Pérou. L’opération lui a rapporté 6,5 milliards de dollars après impôt. Glencore a également racheté 639 millions de dollars d’obligations convertibles au premier semestre 2014. Le courtier a dégagé au premier semestre un Ebitda de 6,5 milliards de dollars, supérieur de 200 millions au consensus des analystes.
Après un passage à vide, «les groupes miniers devraient commencer à générer du cash et à le rendre à leurs actionnaires. Nous pensons comme les actionnaires car nous le sommes nous-mêmes», a appuyé Ivan Glasenberg. Glencore est détenu à 25% par ses salariés. Rio Tinto a également promis récemment de redevenir une «machine à cash» en se focalisant sur ses coûts plus que sur l’augmentation de ses volumes.
Un discours qui répond aux attentes de nombreux fonds actionnaires, déçus ces derniers trimestres par la taille des dividendes et par l’ampleur des dépréciations d’actifs passées par les groupes miniers après une décennie d’acquisitions à outrance. Il serait stupide pour les directeurs généraux de ces groupes de reprendre «leurs nuisibles stratégies du dernier cycle», indiquait hier à Bloomberg Evy Hambro, le gérant du fonds World Mining de BlackRock. Le message est semble-t-il passé.
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