General Electric se scinde en trois entreprises cotées
Fin d’un conglomérat, et d’une époque. General Electric a annoncé mardi sa scission en trois entreprises distinctes, centrées sur la santé, les énergies renouvelables et l’aviation. L’aboutissement de restructurations à répétition pour ce qui fut l’une des valeurs stars de Wall Street. L’annonce a fait bondir l’action de plus de 7% en début de séance.
«En créant trois sociétés mondiales cotées de premier plan, chacune d’entre elles pourra bénéficier d’une plus grande concentration, d’une allocation de capital sur mesure et d’une flexibilité stratégique afin de générer une croissance et une valeur à long terme pour les clients, les investisseurs et les employés», a indiqué Larry Culp, le président directeur général de GE, dans un communiqué.
GE va d’abord se séparer de son activité GE Healthcare au début de 2023, ne conservant qu’une participation de 19,9% dans sa filiale santé. Le groupe a l’intention de regrouper ses activités GE Renewable Energy, GE Power et GE Digital, au sein d’une même entité, dont il se séparerait en 2024. L’actuel GE sera, après ces scissions, centrée sur l’activité aviation.
Grandeur et décadence
General Electric a longtemps été le symbole de la puissance des entreprises industrielles américaines. Entre 1981 et 2000, GE s'était lancé dans une stratégie de croissance tous azimuts. Son emblématique patron Jack Welch, adepte de la mise sous tension des équipes et des réductions de coûts, passe alors pour un modèle de management. Mais la crise financière de 2008 met au jour la dépendance du groupe aux services financiers. GE manque d’aller au tapis à cause de sa filiale financière GE Capital, très exposée au subprime. En 2009, il perd sa notation AAA, le nec plus ultra sur les marchés de crédit, qu’il détenait depuis 1956.
Le conglomérat ne cessera plus d’enchaîner les désillusions boursières en même temps qu’il se voit contraint de réduire son périmètre pour se désendetter. La dette du groupe, qui a poursuivi sa dégringolade dans l'échelle des notations, à BBB+ chez S&P et Baa1 chez Moody’s, aura été réduite de 75 milliards de dollars entre 2018 et 2021.
GE est aussi sorti de l’indice Dow Jones Industrial Average en 2018. Malgré l’arrivée de Lawrence Culp cette même année, son cours de Bourse a fait du surplace depuis. Même le fonds activiste Trian, entré au capital en 2015, s’est cassé les dents sur le dossier et a dû solder quelques années plus tard le gros de sa participation au prix d’une forte moins-value.
Plus d'articles du même thème
-
L'Europe est sous la menace du rebond des prix du gaz
Alors que la Chine a commencé à reconstituer ses stocks de gaz et que ceux de l'Europe sont au plus bas, les conditions sont réunies pour pousser les prix à la hausse en l'absence d'accalmie dans le Golfe. -
Yanara lève 150 millions d'euros auprès de Mirova pour accélérer sa croissance
Cette première levée de fonds dédiée au marché australien doit accélérer l’expansion du groupe dans un secteur porté par la transition énergétique du pays. -
Eni renforce sa présence scandinave dans les hydrocarbures
Vår Energi, détenu à 63% par l’énergéticien italien, prépare une offre en cash et en titres sur son compatriote norvégien BlueNord qu’il valorise 1,33 milliard de dollars.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- L'Europe se prépare à alléger les exigences en capital de ses banques
- La BFI de Bred Banque Populaire veut tout avoir d’une grande
- Axa sort du capital d’Ardian au profit des Assurances du Crédit Mutuel et de Wafra
- Le secteur technologique donne des signes de craquements en Bourse
- Une dose de paramétrique peut venir au secours de l’assurance catastrophes naturelles
Contenu de nos partenaires
-
Ramer à contre-courantBudget 2027 : un effort de 35 milliards d'euros
En 2027, les dépenses publiques bondiraient de près de 60 milliards si rien n'est fait. Le gouvernement prépare pour 2027 un redressement ambitieux -
FeuilletonMonique Barbut, la bombe qui n’en finit pas d'embarrasser Lecornu
Le chef du gouvernement doit désormais composer avec une ministre imprévisible qui a menacé de démissionner à au moins trois reprises en neuf mois. Une répétition qui a démonétisé l’arme de négociation favorite de Monique Barbut -
ArbitragesBudget : grands dilemmes et petits comptes de Jean-Pierre Farandou
A la tête du poste qui doit le plus contribuer à l'effort budgétaire, le ministre du Travail tente d’éviter une nouvelle ponction de l’Unédic et réfléchit à des coups de rabot