Gecina est de nouveau affectée par les agissements de son ancien PDG

Joaquin Rivero avait engagé la garantie de la société sans l’aval du conseil. De quoi dégrader un peu plus l’image de la foncière auprès des investisseurs
Bruno de Roulhac
Joaquin Rivero. Photo: REA
Joaquin Rivero. Photo: REA  - 

Joaquin Rivero quitte Gecina. L’annonce de sa démission du conseil a provoqué l’étonnement. En réalité, le plus surpris, et désagréablement, a été le groupe Gecina, en découvrant seulement début 2012 que Joaquin Rivero avait accordé en novembre 2009 et en janvier 2010 des garanties au nom de Gecina au titre de remboursement de plusieurs crédits conclus par Bami. Or à l’époque, Joaquin Rivero n’était plus que président non exécutif, et ne pouvait engager la société sans l’aval du conseil, qui n’a pas été prévenu.

L’acquisition de 49% de Bami, foncière de bureaux espagnole, en 2009 pour 109 millions d’euros avait déjà provoqué la colère des analystes et des actionnaires de Gecina. D’une part, le prix avait été jugé excessif, d’autre part, Bami appartient à Joaquin Rivero, alors PDG de Gecina, et à son partenaire Bautista Soler. Gecina avait dû passer une dépréciation de 77% sur cet actif dès la fin 2009, et de 100% depuis le 30 juin 2010.

La foncière française vient de provisionner 9,4 millions d’euros correspondant à son estimation de ce risque à ce jour. Les commissaires aux comptes, toujours PwC et Mazars, n’avaient rien vu l’an dernier... Gecina provisionne déjà dans ses comptes une garantie de 20 millions dans le cadre de la restructuration des financements de Bami.

«Le signal émis par une telle découverte est négatif, car il pourrait suggérer qu’il y a plus à venir», note Kepler. Si la démission de Joaquin Rivero «ne change pas fondamentalement notre vision de la société, la découverte de nouvelles conséquences, mêmes mineures, des agissements de Joaquin Rivero, sans l’aval du conseil est un épisode de plus, après le départ encore mal compris de Christophe Clamageran en octobre dernier, qui n’arrangera pas l’image de Gecina aux yeux des marchés, confie Serge Demirdjian, analyste chez Natixis. Ces épisodes sont autant d’éléments qui justifient la décision de certains investisseurs de ne pas revenir sur le titre tant que l’actionnariat n’aura pas été définitivement restructuré». Gecina reste contrôlée par ses actionnaires espagnols: Metrovacesa (27,5%), Groupe Rivero (16,5%) et Groupe Soler (15,7%).

Si Joaquin Rivero est désormais à l’écart du conseil de Gecina, sa fille Helena siège toujours ainsi que Vicente Fons et son épouse Victoria Soler, fille de Bautista Soler. Son siège devrait être repris par quelqu’un du clan.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...