GE offrirait à Bouygues une porte de sortie salutaire dans le dossier Alstom
Bouygues est resté muet hier face aux rumeurs de rachat d’Alstom par General Electric, se contentant de renvoyer au communiqué du groupe français d’énergie et de transports. Mais la hausse de l’action parle pour elle. Le titre Bouygues a fini en hausse de 4,64% après avoir gagné jusqu’à 5,5% en séance. Le premier actionnaire d’Alstom, avec 29,3% du capital, se verrait offrir là une porte de sortie inespérée de la part du géant américain.
Entré en 2006 au capital d’Alstom en rachetant les 21% de l’Etat, une participation renforcée les mois suivants, Bouygues n’a pas eu à se plaindre jusqu’en 2013 de cet investissement. Le fabricant du TGV lui a rapporté au total 1,74 milliard d’euros de bénéfice net consolidé, sans compter 509 millions d’euros de dividendes.
Mais les difficultés croissantes d’Alstom depuis plus d’un an, qui se traduisent par une forte dégradation de la consommation de cash-flow, ont changé la donne. Les nouvelles à venir ne s’annoncent pas meilleures: le groupe est visé par une enquête du département américain de la justice, qui le soupçonne de corruption. Dans une étude publiée mercredi, les analystes de Nomura estimaient qu’il pourrait lui en coûter entre 1 et 1,25 milliard de dollars, en se basant sur un précédent ayant impliqué son concurrent Siemens.
Bouygues, lui-même endetté et confronté aux difficultés de sa filiale télécoms, n’a plus les moyens d’assumer son rôle d’actionnaire de référence. Il avait déjà refusé de participer à l’augmentation de capital d’Alstom fin 2012. Pour se renflouer, le groupe présidé par Patrick Kron a cédé début avril au fonds Triton son activité d’échangeurs de vapeur, et planche sur l’ouverture du capital, au moyen d’une entrée en Bourse de sa branche transport, qui n’intéresse pas General Electric.
En février, Bouygues avait passé pour la première fois une charge de 1,4 milliard d’euros sur la valeur de sa participation dans ses comptes, ramenant celle-ci à un peu plus de 3 milliards d’euros, soit 34 euros par action détenue. Le prélude, selon beaucoup d’observateurs, à une sortie du capital. Le prix évoqué par Bloomberg de 13 milliards de dollars permettrait au groupe d’empocher environ 2,4 milliards d’euros. Une manne que Bouygues pourrait utiliser pour relancer sa filiale télécoms, plus fragilisée que jamais après l’échec du rachat de SFR.
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