GDF Suez est prêt à sacrifier ses investissements pour sauver son dividende

Face à l’ampleur de l’avertissement sur résultats, et malgré les mesures d'économies, le cours de l’opérateur a chuté de 11% hier
Olivier Pinaud

Plus de 5 milliards d’euros de capitalisation boursière en moins. Un plus bas historique à 14,55 euros. GDF Suez a connu sa pire journée depuis sa création en juillet 2008, avec une chute de plus de 15% en séance, réduite à 11% en clôture. Malgré le récent avertissement d’E.ON, les investisseurs, qui pensaient le groupe bien plus solide, ne s’attendaient pas à une révision aussi violente des perspectives de bénéfices.

GDF Suez attend un résultat net récurrent compris entre 3,1 et 3,5 milliards d’euros en 2013, soit 600 à 200 millions d’euros de moins que le consensus. Pour 2014, le bénéfice sera dans «une fourchette identique» alors que le marché attendait plus de 4 milliards.

«Une nouvelle fois, les réductions de coûts engagées par le groupe seront sans effet sur le bénéfice», regrette JPMorgan, en référence au plan d’économies cumulées de 3,5 milliards d’euros jusqu’en 2015 annoncé hier. Les efforts serviront à compenser l’inflation des coûts d’exploitation des installations, les effets négatifs de la régulation et la détérioration des performances opérationnelles.

Euphorique en début d’année pour le rachat des actionnaires minoritaires d’International Power (IP), pour plus de 9 milliards d’euros, le groupe est aujourd’hui en situation de «crise», comme l’a reconnu son PDG Gérard Mestrallet. Le développement dans les pays émergents, grâce à IP, ne suffit pas à compenser le déclin en Europe. Entre 2009 et 2013, l’opérateur aura fermé environ 10% de ses capacités de production d’électricité européennes. Confronté aux mêmes difficultés, E.ON a récemment déprécié de 1,2 milliard d’euros la valeur de ses actifs européens. Pas de trace, pour l’instant, de telles dépréciations chez GDF Suez.

Pour faire face à la situation, le groupe a prévu de redoubler d’efforts pour limiter sa dette à 30 milliards d’euros fin 2014, soit entre 2,1 et 2,3 fois l’Ebitda, grâce à des cessions d’actifs et une baisse des investissements.

En revanche, Gérard Mestrallet s’est voulu ferme: pas question de toucher à la politique du dividende considérée comme une «priorité majeure». «Chaque année, le dividende sera égal ou supérieur à celui de l’année précédente» et sera payé «exclusivement en espèces», a prévenu le PDG.

Et si des nouvelles contraintes financières devaient apparaître en 2014-2015, le dirigeant n’exclut pas un nouveau coup de canif dans les investissements pour assurer le dividende.

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