Fusions-acquisitions : les acquéreurs prennent plus de garanties
S’il est naturel de penser que la crise a surtout eu un impact sur le prix des fusions-acquisitions, elle a plus largement modifié le rapport de forces entre acquéreurs et vendeurs. C’est ce que démontre une étude CMS Bureau Francis Lefebvre menée sur 2007 et 2008 qui note que les acquéreurs « exigent de plus en plus de garanties ».
Ainsi des clauses d’ajustement du prix. Elles peuvent être vues comme un avantage pour le vendeur. Il n’en reste pas moins qu’elles permettent surtout à l’acheteur d’offrir un prix de départ plus bas. 14 % des transactions européennes les intégraient au second semestre contre 9 % au premier.
De même est constatée la progression des clauses suspensives et des clauses MAC (événement négatif majeur). Entre la première et la deuxième partie de 2008, la proportion de clauses MAC au sein des deals européens a quasiment doublé atteignant 21 %.
« Les contrats de garantie ont également tendance à progresser,remarque Jacques Isnard, avocat associé au département corporate de CMS Bureau Francis Lefebvre. Cela concerne le renforcement de leur contenu, l’augmentation de leur plafond et l’allongement de leur durée ». Un exemple : au second semestre, 31 % des contrats prévoyaient des périodes de garantie supérieures à vingt-quatre mois. Un an plus tôt la proportion était de 19 %.
« La tendance observée en 2008 se poursuit en 2009, ajoute Jacques Isnard. Cela tient au fait qu’il n’y a toujours pas de rencontre entre acheteurs et vendeurs sur les valorisations et que le marché reste plus favorable à l’acheteur. » Autrement dit, si un vendeur souhaite que l’acquéreur fasse un effort sur le prix, il devra consentir en retour plus de garanties.
Le travail réalisé en amont des accords confirme lui aussi la plus grande prudence des acquéreurs. « Dans toutes les transactions que nous conseillons, les «due diligences» juridiques, fiscales et sociales deviennent de plus en plus lourdes », selon Jacques Isnard. Ce qui amène deux commentaires. D’une part, la pleine collaboration de la cible apparaît de plus en plus nécessaire si l’acquéreur veut réaliser une opération sécurisée. D’autre part, ce besoin de garanties tend à allonger la durée des opérations entre la manifestation d’intérêt et la finalisation. « Aujourd’hui, il faut en moyenne prévoir six à neuf mois pour réaliser une transaction », résume Jacques Isnard.
Plus d'articles du même thème
-
La dynamique de création de cabinets de gestion de patrimoine ne faiblit pas
Trois nouveaux cabinets se sont lancés cette semaine. L'un d'eux rassemble huit associés fondateurs. -
Sagard clôture son troisième fonds de fonds dédié aux nouveaux gérants buyout au-dessus de sa taille cible
Cette activité héritée du rachat d'Unigestion parvient à réunir 520 millions d'euros, contre 400 millions d'euros prévus initialement. Plusieurs investissements ont d'ores et déjà été réalisés en Europe et aux Etats-Unis. -
La chute du real contraint la Banque centrale du Brésil
L’institution monétaire a laissé son taux directeur inchangé à 13,75%, marquant une pause dans son cycle d’assouplissement monétaire, après la chute des actifs brésiliens. La crainte est une accélération de l’inflation malgré la faible conjoncture alors que le marché attend une politique budgétaire crédible.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
Contenu de nos partenaires
-
Reste à chargeDépenses de santé : pourquoi les moins de 65 ans paient plus que les retraités
Les actifs mettent davantage la main à la poche que leurs aînés, malgré des dépenses de santé plus élevées pour ces derniers, rapporte la Drees -
Des ombres et des ondesDésinformation et présidentielle : « La responsabilité des réseaux sociaux est considérable »
La campagne présidentielle française est déjà la cible de manipulations à grande échelle, au niveau des contenus diffusés sur Facebook, X et TikTok, comme des algorithmes qui les favorisent -
L’accord parfait
A la tête d’Interparfums depuis près de quarante ans, Philippe Bénacin est un patron atypique qui revendique une méthode à contre-courant, forgée par de profondes convictions, ses intuitions et une bonne dose d’audace.