France Télécom doit rassurer sur sa marge dans l’Hexagone et sur son dividende
Le cours de l’action France Télécom n’a pas bougé depuis deux ans. Dans le même temps, l’indice Euro Stoxx 600 des télécoms a progressé de 34%. Réunis demain, les investisseurs espèrent que Stéphane Richard, aux commandes de l’opérateur depuis un peu plus d’un an, leur donnera enfin les remèdes à cette contre-performance tenace. Les maux sont connus: concurrence et régulation en France, pérennité du dividende, stratégie d’acquisition.
«Nous pensons que la direction va s’attacher à convaincre les investisseurs que l’Ebitda du groupe peut être stabilisé à compter de 2013», indiquent les analystes d’Exane BNP Paribas. L’excédent brut d’exploitation n’a pas cessé de chuter d’année en année, passant de 16,8 milliards d’euros en 2007 à 14,3 milliards en 2010. Or, pour enrayer ce déclin, l’opérateur doit impérativement retrouver de l’allant en France, de très loin son premier marché avec près de 60% de son Ebitda annuel. Malgré l’arrivée de Free Mobile en 2012, l’équation n’est pas impossible selon Exane BNP Paribas. D’une part, la pression réglementaire devrait retomber à partir de 2013. D’autre part, en signant un accord avec Free pour héberger sur son réseau les communications du nouvel opérateur le temps que celui installe ses équipements, Orange gonflera mécaniquement son résultat opérationnel. Exane BNP Paribas table sur 105 millions d’euros de gain d’Ebitda en 2013.
La stabilisation de l’Ebitda en France et au niveau du groupe est cruciale pour retirer de l’esprit des investisseurs les doutes sur la pérennité du dividende. La direction de France Télécom s’est engagée à verser 1,4 euro par action au titre des exercices 2011 et 2012, soit un rendement de 8,8% au cours actuel. Mais après ? «Malgré une érosion des cash-flows à partir de 2012 – sous l’effet de l’arrivée d’Iliad dans le mobile et de la fin des crédits d’impôt -, un dividende par action stable à 1,4 euro jusqu’en 2015 induit une distribution moyenne de moins de 80% du résultat et 60% du cash-flow sur la période, ce qui est dans la fourchette basse du secteur», rassurent les analystes de CM-CIC.
Enfin, la direction devra clarifier sa stratégie d’acquisitions. Les investisseurs gardent en tête le rachat de l’espagnol Amena suivi d’une augmentation de capital et la tentative avortée sur Teliasonera. L’annonce récente d’une revue des différents actifs européens du groupe, avec de possibles cessions à la clé, vise ainsi à montrer au marché que la politique est plus au recentrage qu’à l’expansion.
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