Fosun paye le prix pour s’offrir le Club Méditerranée
In extremis, le chinois Fosun a trouvé d’autres partenaires pour lancer une contre-offre sur le Club Méditerranée. Gaillon Invest II – regroupant Fosun (85,1%), Ardian (5%), le management du Club (2,5%) et l’agence de voyages chinoise U-Tour (7,5%) – et l’assureur portugais Fidelidade (détenu à 80% par Fosun) offrent 22 euros par action, valorisant le groupe (avec les Oceanes) 839 millions d’euros. Soit 29% de plus que son offre initiale de 17 euros de mai 2013, et près de 5% au-dessus de l’offre d’Andrea Bonomi de juin dernier à 21 euros.
Autrement dit, Club Med s’apprête à devenir chinois à plus de 90%. Toutefois, Fosun a lourdement insisté sur «l’ancrage français» du Club, qui conservera son siège et sa cotation à Paris. Gaillon Invest II compte ouvrir son tour de table et discute actuellement avec le brésilien Docas, qui pourrait monter jusqu’à 20%. De son côté, le management souhaite que les institutionnels français restent au capital.
Cette surenchère devrait faire des heureux. Si Fosun déboursera plus que prévu initialement, il bénéficie de meilleures conditions de refinancement. Gaillon Invest II a déjà sécurisé 230 millions d’euros après de Société Générale, Natixis et CA CIB. Surtout le groupe chinois aura les mains libres pour mettre en place sa stratégie. Il promet d’investir 50 millions d’euros supplémentaires en 2015-2016 pour l’extension des villages 4 tridents.
Le management du Club, lui, sauve sa peau. Henri Giscard d’Estaing et Michel Wolfovski conserveront leur siège de PDG et de directeur financier, même si leur participation au capital sera réduite à la portion congrue.
Pour sa part Ardian s’est mis à l’écart. Alors qu’il prévoyait d’investir à parité avec Fosun dans Gaillon I, il ne prend plus que 5% de Gaillon II, soit un investissement limité à 20 millions d’euros. Il en a profité pour reclasser vendredi matin auprès de Fosun sa participation de 9% dans le Club à 22 euros l’action. Une bonne affaire, alors qu’il les a acquis au second semestre 2011 autour de 13 euros. Soit une plus-value de l’ordre de 26 millions. De son côté, Fosun part plus confiant pour son offre avec déjà 18% du capital et 25% des droits de vote en poche.
Enfin, Andrea Bonomi pourrait trouver dans cette contre-offre une porte de sortie honorable et dégager une plus-value confortable en cédant sa participation de 10%. Pour l’heure, il étudie ses différentes options dans l’intérêt de la société et de ses partenaires.
Plus d'articles du même thème
-
Les investisseurs de référence comptent de plus en plus lors des introductions en Bourse
Leur présence explique en partie le choix des offres à prix fixe pour quatre des cinq opérations de 2026. Si les parcours boursiers sont difficiles pour quatre des cinq IPO, cela ne devrait pas décourager les postulants à la Bourse. -
Deux énergéticiens renoncent à leur alliance dans la péninsule ibérique
Le portugais Galp Energia et l’espagnol Moeve (ex-Cepsa) n’ont pas réussi à s’entendre pour créer deux coentreprises dans le raffinage et la distribution d’hydrocarbures. -
EXCLUSIFL’AMF entend clarifier le cadre juridique des club deals immobiliers
L’Autorité des marchés financiers entend préciser, dans une doctrine dédiée, les critères permettant de distinguer les club deals régulés ou relevant de la catégorie des « autres FIA » de ceux pouvant conserver leur statut non régulé.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
Contenu de nos partenaires
-
La Suède dans l’impasse après les échecs du centre et des socio-démocrates à former un gouvernement
Le Parti du centre a annoncé qu’il n’était pas parvenu à conclure un accord de gouvernement, plus d’un mois après des élections législatives très serrées. -
Sur un fil17 octobre : à l'Assemblée nationale, une commission d'enquête déjà en sursis
La commission d’enquête sur les violences des 17 et 18 octobre est déjà au bord de l’échec, une semaine à peine après son lancement. En contestant la répartition des postes de rapporteurs, le RN boycotte les travaux et contraint l’Assemblée à chercher une issue en urgence -
Bulletin« Tant qu’on ne dira pas aux lycéens que tout ne leur est pas accessible, ils se prendront la porte du réel »
Pour Pierre Mathiot, artisan de la réforme du lycée, l'accès à l'enseignement supérieur doit se jouer avant tout sur les résultats scolaires