FCC paie au prix fort sa restructuration financière
FCC vient d’achever l’un des plus grands chantiers financiers de son histoire. Le groupe espagnol de construction et de concessions a trouvé un accord avec la quasi-totalité de ses prêteurs afin de refinancer 4,5 milliards d’euros de dette, dont la moitié se trouve entre les mains des quatre premières banques espagnoles (Santander, BBVA, Caixa et Bankia). 99,98% des créanciers ont donné leur accord au projet élaboré avec le conseil de Morgan Stanley. Les prêteurs étaient représentés par KPMG.
La dette a été divisée en deux tranches. La première, sous forme d’un prêt classique, s’élève à 3,16 milliards d’euros. Elle porte des intérêts fixés sur l’Euribor avec un spread variable et progressif : 300 points de base (pb) la première année, 350 pb la deuxième et 400 pb les troisième et quatrième années. Elle est amortissable en trois fois, 150 millions au bout de deux ans, 175 millions après 36 mois et le solde à maturité, en 2018. La tranche B, d’un montant de 1,35 milliard d’euros, est plus complexe. En plus de marges supérieures (Euribor +1.100 pb, +1.300 pb, +1.500 pb puis +1.600 pb) au fil des quatre années, elle est assortie de warrants permettant aux banques de souscrire à de nouvelles actions selon certaines conditions.
Les warrants pourraient ainsi être exercés si la société ne peut pas rembourser la tranche B à maturité en 2018, à un prix sans décote selon la moyenne pondérée des 8 semaines précédant la conversion. En revanche, les warrants seront annulés si FCC rembourse sa dette B et s’il remplit deux conditions avant l’arrivée à échéance de la tranche: afficher un ratio dette nette des intérêts sous 4 fois l’Ebitda et avoir remboursé au moins 1,5 milliard des nouveaux prêts.
L’exercice de ces warrants ferait perdre la majorité du capital à Esther Koplowitz. Une situation à laquelle la femme d’affaires espagnole a pour l’instant toujours échappé malgré les difficultés de son groupe.
La restructuration prévoit enfin le refinancement des obligations convertibles de 2009, pour un montant nominal de 450 millions d’euros. Une assemblée générale doit se prononcer sur l’allongement de la maturité, une réduction du prix de conversion de 37,85 à 30 euros et un maintien du taux d’intérêt. FCC pourrait mettre en œuvre une procédure collective s’il n’obtient pas l’accord des porteurs d’obligations.
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