Faurecia rouvre avec succès le marché français des «Oceane»
Depuis Nexans en mars dernier, qui était alors le premier de l’année, aucun autre émetteur français ne s’était aventuré sur le marché des obligations à options de conversion et/ou d’échange en actions nouvelles ou existantes (Oceane). Faurecia s’est jeté à l’eau hier, avec succès. L’équipementier automobile, filiale à 57% de Peugeot, a placé pour 220 millions d’euros d’Oceane, montant qui pourrait être porté à 250 millions d’euros en cas d’exercice de la clause d’extension. Les titres ont été vendus au taux nominal de 3,25%, dans le bas de la fourchette proposée (3,25% à 4%), avec une prime de 37%, au niveau supérieur des conditions initialement offertes (32% à 37%).
Au maximum, l’émission pourrait avoir un impact dilutif de 10%, en cas de conversion à échéance (janvier 2018) de l’intégralité des Oceane. Ces fonds visent à financer le plan d’investissement de l’équipementier automobile, porté par la croissance de ses clients allemands, notamment Volkswagen, qui représentent aujourd’hui 40% de son chiffre d’affaires.
Faurecia concoctait cette émission depuis plusieurs mois afin de poursuivre le mouvement de désintermédiation de sa dette débuté en 2009 avec une première convertible et amplifié par la suite par deux émissions obligataires high yield. «Les cours de Bourse se sont bien tenus cet été et ont très bien réagi après la réunion de la BCE la semaine dernière. L’action Faurecia a gagné 8,4% jeudi, ce qui nous a incités à accélérer le lancement de l’opération», explique Michael Maringe, responsable de l’origination ECM France, Belgique, Luxembourg chez SG CIB, coordinateur global de l’opération, avec BNP Paribas, Crédit Agricole CIB et Lazard-Natixis comme chefs de file et HSBC en qualité de co-chef de file.
Faurecia, qui avait été précédé la semaine dernière par le britannique British Land, pourrait donner des idées à d’autres émetteurs, espère Michael Maringe: «Le marché des convertibles devrait bénéficier d’une conjonction d’éléments favorables. D’une part, les entreprises cherchent à diversifier leurs ressources de financement. D’autre part, les convertibles permettent aux investisseurs de reprendre un peu de risque en s’exposant un peu plus au marché actions tout en bénéficiant de la sécurité de la partie obligataire.» Depuis le début de l’année, environ 8 milliards d’euros seulement ont été émis sur le marché européens des «equity linked» (convertibles et Oceane).
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