Eurotunnel pense dégager un résultat net positif en 2011
En dépit de résultats semestriels en forte progression, Eurotunnel se veut prudent «vis-à-vis d’un second semestre dont on ne sait pas trop quel va être l’environnement économique», a expliqué Jacques Gounon, PDG d’Eurotunnel, évoquant notamment la situation économique au Royaume-Uni et la faiblesse de la livre face à l’euro. Sans compter «la vraie incertitude, celle qui peut déstabiliser le trafic transmanche, la recapitalisation éventuelle de SeaFrance, qui consisterait en une injection massive de capitaux publics pour maintenir en vie un canard boiteux», s’inquiète Jacques Gounon.
La Commission européenne, qui doit examiner le projet de recapitalisation de SeaFrance à hauteur de 223 millions par la SNCF, sa maison mère, a exprimé en juin dernier ses doutes sur cette opération. SeaFrance a transporté l’an dernier 668.000 voitures, contre 2,1 millions pour Eurotunel, mais ses concurrents lui reprochent de casser les prix.
En attendant, l’opérateur du tunnel sous la Manche peut se targuer d’être repassé dans le vert, avec un bénéfice net de 2 millions d’euros, grâce notamment au versement très attendu des indemnités d’assurances, contre une perte de 47 millions un an plus tôt. Sur l’ensemble de l’année, le groupe espère être «à l’équilibre ou un peu mieux», souligne Jacques Gounon. Le consensus Bloomberg table sur 12 millions. Aussi, Goldman Sachs espère une politique de dividende plus généreuse, et estime que le groupe pourrait maintenant constituer une cible pour un fonds d’infrastructure ou un acteur comme Vinci.
Au premier semestre, Eurotunnel a enregistré une hausse de 37% de son Ebitda (excédant brut d’exploitation) à 189 millions d’euros. Pour 2011, le groupe table sur une amélioration par rapport aux 336 millions de 2010. Le consensus Bloomberg mise déjà sur une hausse de plus de 20% à 410 millions.
La rentabilité a été soutenue grâce au rebond de 22% du chiffre d’affaires à 396 millions d’euros. Une activité tirée par le bon trafic des navettes camions (+21%) et des navettes passagers voitures (+5%). Néanmoins, la croissance ralentit nettement entre le premier et le deuxième trimestre : de +30% à +14% pour les camions, et de +7% à +4% pour les voitures. Eurotunnel maintient ainsi une part de marché de plus de 37% pour les camions, et l’accroît à près de 50% sur les navettes passagers, en dépit d’un nombre de voitures en légère contraction (-2%) sur le marché du détroit.
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