Europcar se prépare à son introduction en Bourse
L’équipe Europcar perd son maillot jaune, mais pour mieux préparer la prochaine étape. Le loueur de véhicules détenu à 87% par la holding d’investissement Eurazeo a annoncé hier le départ de son directeur général, Roland Keppler, le 31 juillet. Le nom de son remplaçant devrait être dévoilé prochainement, l’intérim étant assuré d’ici là par la directrice financière Caroline Parot.
Ce changement de dirigeant s’inscrit dans la perspective de l’introduction en Bourse du groupe, qui est attendue début 2015 et pour laquelle la banque Rothschild a été mandatée. Roland Keppler, arrivé en février 2012 à la tête d’Europcar pour un mandat de trois ans, a redressé l’entreprise. Le levier financier du groupe est passé de 4,9 à 4,3 fois entre fin 2012 et fin 2013, pendant que l’Ebitda «corporate» progressait de 119 à 156 millions d’euros. Mais le dirigeant souhaitait se rapprocher de sa famille, restée en Allemagne. Ce passage de relais avant le terme de son mandat permettra au nouveau directeur général de porter l’IPO devant les investisseurs avec quelques trimestres de résultats derrière lui.
Si l’annonce du changement de patron a été officialisée dès hier, c’est qu’Europcar a lancé en parallèle un emprunt obligataire qui l’obligeait à se montrer transparent vis-à-vis du marché. JPMorgan et Deutsche Bank dirigent ce placement de 350 millions d’euros à 7 ans, qui pourra être racheté par anticipation au bout de deux ans et demi. Les titres, émis par la structure EC Finance, ont été notés hier B3 par Moody’s, soit six crans en dessous de la catégorie investisseur.
Europcar, qui avait frôlé la sortie de route lors de son dernier appel au marché obligataire en mai 2012, espère ainsi diminuer le coût de sa dette. L’emprunt servira à refinancer le rachat par anticipation au 1er août, à 104,875% du pair, des 350 millions d’euros d’obligations senior secured. Ces titres portent aujourd’hui un coupon élevé de 9,75%. «Les charges d’intérêt de l’entreprise devraient se réduire d’environ 15 millions d’euros sur une base annuelle», estime Moody’s. Cette économie accroîtra mécaniquement, de 0,2 point selon l’agence, le taux de couverture des intérêts par le résultat opérationnel (Ebit).
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIAT« La volonté de souveraineté des Etats estompe les avantages compétitifs des multinationales »
Interview de Jacques-André Nadal, Directeur général délégué en charge des gestions de Covéa Finance. -
SFR, 20 milliards d’euros et d'incertitudes
L'accord de Bouygues Telecom, Orange et Iliad pour racheter leur rival soulève des questions inédites avec un calendrier très étalé dans le temps, une valorisation élevée de la cible, des conséquences redoutées pour les consommateurs, sans oublier le flou sur le sort des 8.000 salariés de l'opérateur. -
Les entreprises françaises activent la relocalisation comme arme anti-crises
L’enquête QBE pointe que 83% des dirigeants considèrent l’instabilité économique et politique comme un état permanent.
ETF à la Une
WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
- L'extravagante valorisation de SpaceX suscite le vertige
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
- Airbus se dirige vers un deuxième trimestre réjouissant
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- BNP Paribas Fortis, déjà numéro un, veut se dépasser en Belgique
Contenu de nos partenaires
-
RéarmementLa France compte 80 ogives nucléaires de plus, voici pourquoi
Le nombre d’armes atomiques est appelé à repartir à la hausse, souligne l’institut suédois Sipri, après des années de baisse structurelle portée par la Russie et les Etats-Unis -
Montagnes russesCette erreur de diagnostic qui a plombé toute réforme des retraites sous Macron
En 2016, le Conseil d'orientation des retraites publie un rapport rassurant sur l'état financier du système. Un rapport trop optimiste qui a nourri la défiance -
Jean-Hervé Lorenzi : « Notre grand problème, c’est le choc démographique à venir »
Le président des Rencontres Economiques d'Aix-en-Provence juge que le vieillissement de la population coûtera entre 30 et 50 milliards d’euros par an d’ici trois à quatre ans. Pour la fin 2026, il table sur une croissance nulle, avec une inflation de l'ordre de 2 à 3 %