L’entreprise française a annoncé le rachat d’un spécialiste néerlandais du diagnostic pour 135 millions d’euros alors que la manne issue des tests Covid se tarit.
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Johann Corric
La capitalisation boursière d’Eurobio Scientific s’élevait à 223 millions d’euros le 18 août 2022.
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Eurobio Scientific
Préparer l’après Covid. Tel est désormais le principal défi pour le spécialiste du diagnostic in vitro qui a vu ses revenus s’envoler grâce à la pandémie. En 2020 et 2021, Eurobio Scientific a réalisé de l’ordre de 60% de son chiffre d’affaires, soit plus de 100 millions d’euros par an, dans la vente de tests de détection du Covid-19. Au premier semestre 2022, cette activité pesait encore 49% du total, à 40,6 millions d’euros contre 43 millions pour les métiers «traditionnels» de l’entreprise. Les dirigeants auront du mal à compenser totalement la perte progressive de ces revenus complémentaires mais ils s’y emploient. Notamment via des acquisitions.
Après une petite opération en Belgique révélée en juin, le groupe a annoncé, le 17 août, le rachat du néerlandais Genome Diagnostics pour 135 millions d’euros. Cette opération va permettre à Eurobio Scientific de se renforcer dans le domaine du diagnostic de transplantation, qui représente aujourd’hui 24% des ventes hors Covid de la société, mais aussi à l’international alors que le groupe réalise encore près de 80% de son chiffre d’affaires en France (hors Covid). Les revenus de Genome Diagnostics sont estimés à 11,2 millions d’euros au premier semestre 2022 pour 5,4 millions d’euros d’Ebitda.
100 millions d’euros de trésorerie
Eurobio Scientific compte financer cette acquisition via un emprunt bancaire de 90 millions d’euros, le solde étant payé sur ses propres deniers. Le groupe peut en effet s’appuyer sur une solide position financière, largement construite pendant la pandémie. A fin juillet 2022, la société affichait une trésorerie nette d’environ 100 millions d’euros, contre un léger endettement net à fin 2019.
Une fois le rachat de Genome Diagnostics bouclé, la trésorerie disponible devrait s’élever à environ 50 millions d’euros. De quoi laisser la place à d’autres opérations de croissance externe. «Nous visons en priorité les grands pays d’Europe où nous ne sommes pas encore implantés, à savoir l’Espagne et l’Italie», confie Denis Fortier, co-directeur général d’Eurobio Scientific. Associée à une croissance organique dynamique, historiquement comprise entre 5% et 10% par an, cette politique d’acquisitions pourrait permettre à l’entreprise d’absorber le contre-choc lié à la fin annoncée des revenus liés au Covid. Et pérenniser l’envolée de l’action qui a vu son cours de Bourse multiplié par quatre depuis février 2020.
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