Energy Future dispose de 12 milliards de dollars pour sortir de la faillite
Le LBO record de 48 milliards de dollars conduit en 2007 sur Energy Future Holdings, connu alors sous le nom de TXU, se solde par une faillite. Selon le projet de restructuration soumis mardi à la justice pour approbation, la société d'électricité texane dispose de 11,8 milliards de prêts «debtor-in-possession» (DIP, pour débiteur non dessaisi) afin de pouvoir financer ses activités au cours du processus prévu pour durer onze mois.
Dans le détail, 7,3 milliards de dollars proviennent d’Energy Future Intermediate Holdings (EFIH), qui détient la majeure partie de l’activité de distribution régulée, dénommée Oncor. 4,47 milliards de dollars sont tirés de Texas Competitive Electric Holdings (TCEH), qui comprend pour sa part les activités non régulées. Ce financement DIP dépasse celui du groupe pétrochimique LyondellBasell début 2009 (8,04 milliards de dollars). Il est uniquement supplanté par le méga-financement de 33 milliards de dollars consenti par le Trésor américain pour General Motors en juin 2009. Mener cet accord pré-négocié jusqu'à son terme n’est toutefois pas gagné d’avance.
Avant de se déclarer en faillite, Energy Future Holdings s’est entendu avec plusieurs groupes de créanciers, dont l’un représente 41% des créanciers seniors. Le groupe menace de poursuivre des créanciers récalcitrants. Certains porteurs obligataires d’EFIH ont accepté de transformer leurs créances en un prêt de faillite «super prioritaire» de 5,4 milliards de dollars, qui prime sur les prêts DIP. Les porteurs de dette non sécurisée (dite PIK pour payment-in-kind) peuvent échanger leurs titres contre un package DIP de 1,9 milliard de dollars, jusqu'à ce qu’ils le convertissent en 64% du capital du groupe restructuré. Ces investisseurs PIK comprennent plusieurs fonds alternatifs, dont Avenue Capital et York Capital.
Du côté de TCEH, Apollo, Oaktree, Centerbridge et Angelo Gordon & Co, qui détiennent de la dette senior, ils doivent recevoir la totalité du capital de la filiale dans le cadre d’un accord exempté d’impôt. Les grands perdants sont les promoteurs du LBO, parmi lesquels figurent KKR, TPG Capital et Goldman Sachs Capital Partners. Ils ont déjà déprécié la quasi-totalité des 8 milliards de dollars qu’ils ont investis. Energy Future Holdings affiche 36,4 milliards de dollars d’actifs et un passif de 49,7 milliards de dollars.
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