En sortant de l’aéronautique, Lagardère espère régler ses problèmes financiers

La participation au capital d’EADS représente 60% de la capitalisation du groupe. Une grande partie de la somme devrait être reversée aux actionnaires
Olivier Pinaud

Arnaud Lagardère va toucher les bénéfices des investissements de son père Jean-Luc dans l’aéronautique et la défense. Le gérant du groupe devrait être l’un des principaux bénéficiaires de la prochaine vente des 7,5% au capital d’EADS, construit en partie sur les fondations de Matra, activité historique de Lagardère avec l’édition. Une partie du produit de la cession devrait en effet être redistribuée aux actionnaires de Lagardère, conformément aux nombreuses déclarations de la direction du groupe ces derniers mois. Arnaud Lagardère détient via le holding Capital & Management un peu plus de 9% du capital.

Sur la base du cours de Bourse actuel d’EADS (27,23 euros), la cession pourrait rapporter entre 1,2 et 1,7 milliard d’euros au groupe, en fonction de la part apportée au programme de rachat d’actions initié par EADS (entre 5,5% et 7,5%), pour une valeur d’actifs estimée à 185 millions d’euros, ce qui promet une importante plus-value.

Selon les estimations des analystes, et compte tenu des précédentes distribution exceptionnelle de Lagardère (2 euros par action en 2006 après la sortie du capital de T-Online), le groupe pourrait rétrocéder la moitié de la somme aux actionnaires, soit entre 4 et 6 euros par action.

Arnaud Lagardère pourrait ainsi recevoir 50 à 72 millions d’euros. Une somme qui lui permettrait de rembourser plus aisément les emprunts contractés en 2005 et 2007 pour financer sa montée au capital. Le Qatar, premier actionnaire de Lagardère avec un peu plus de 10% du capital, percevrait une somme équivalente.

Espérée de longue date par Arnaud Lagardère, qui souhaite recentrer le groupe sur les médias et le sport, la sortie d’EADS l’était également par les autres actionnaires, déçus de l’évolution du cours de Bourse à la suite de plusieurs avertissements sur résultats. A elle seule, la participation dans EADS représentait 60% de la capitalisation boursière de Lagardère, accordant aux activités dans les médias et le sport une valorisation de l’ordre de 3 fois leur excédent brut d’exploitation.

Une autre cession est attendue dans les prochains mois: celle des 20% au capital de Canal + France. N’ayant toujours pas trouvé d’accord avec Vivendi, détenteur des 80% restants, Lagardère a officiellement relancé cet été le processus de mise en Bourse de son bloc. Une sortie est espérée début 2013, si les marchés sont favorables.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...