Elior veut se donner de l’air sur sa dette bancaire
Sous LBO, le groupe de restauration collective demande une extension de maturité contre une forte hausse de marge, après une tentative avortée en 2011
Publié le
Alexandre Garabedian
Elior remet le couvert. Le troisième groupe européen de restauration collective a formellement relancé la semaine dernière une demande d’extension des maturités de sa dette bancaire, héritée de son rachat par effet de levier (LBO) en 2006. A l’époque, le fondateur Robert Zolade (24,3% du capital) s’était appuyé sur les fonds Charterhouse (61,2%) et Chequers pour sortir la société de la cote.
Le groupe de services porte 1,72 milliard d’euros de dette, selon les données Bloomberg. Le Crédit Agricole, Morgan Stanley et Merrill Lynch avaient arrangé la dette. Elior veut allonger la maturité des tranches B et C du financement, remboursables en juillet 2014, suivant la procédure bien connue d’amend-to-extend. Selon S&P LCD, la société cherche à obtenir le feu vert de 80% de ses créanciers, au-delà du seuil nécessaire des deux tiers.
Elior avait déjà tenté, en mai 2011, de repousser de deux ans les maturités de sa dette. Un processus vite abandonné car il jugeait trop élevées les marges supplémentaires demandées par les prêteurs. Un mois plus tard, regain de crise en zone euro oblige, le marché du financement pour les gros LBO se fermait.
Cette fois, la société met les chances de son côté. Elle propose à ses banques une commission immédiate (consent fee) de 75 points de base, et serait prête à doubler la marge versée à 450 pb au-dessus de l’Euribor. Elle se serait aussi assuré, avant le lancement formel du processus, l’accord de 60% des créanciers. Une précaution d’autant plus nécessaire que Charterhouse n’a pas hésité à se faire verser, en janvier, un dividende exceptionnel de 349 millions d’euros en vertu d’une clause qui l’y autorisait si la dette d’Elior passait sous 4 fois l’Ebitda.
Le groupe de restauration ne demande pas en revanche de modification de ses clauses bancaires (covenants), signe de bonne santé financière. Il vient d’ailleurs d’engager des discussions pour racheter le groupe familial Ansamble. Une fois la dette rallongée, les spéculations sur un retour en Bourse d’Elior devraient être relancées – le dossier est sur l’écran radar de tous les banquiers, et Robert Zolade lui-même, en juin 2011, avait évoqué cette perspective à l’horizon 2013. Le câblo-opérateur néerlandais Ziggo, qui vient d’annoncer son IPO à Amsterdam, avait lui aussi procédé à un amend-to-extend au printemps 2011.
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