EDF sort gagnant de son bras de fer avec Constellation
Si certains observateurs anticipaient le départ d’EDF du nucléaire américain, l’électricien français leur a donné tort en signant hier un accord global avec Constellation mettant un terme à leur conflit. Un accord «favorable» selon Oddo, «équilibré pour les deux parties», selon Aurel BGC.
EDF, conseillé par Lazard Ltd, va acquérir les 50% de Constellation dans UniStar, leur coentreprise dans le nucléaire, tandis que Constellation, conseillé par Morgan Stanley et Rothschild, renonce à son option de vente à EDF sur deux centrales thermiques, d’un montant maximum de 2 milliards de dollars. Une condition sine qua non pour l’électricien français.
Dès le 13 octobre, EDF proposait à Constellation cette solution, prêt à payer les 50% d’UniStar à «leur juste valeur de marché». Une participation que Raymond James évaluait autour de 200 millions d’euros. Dans sa réponse, le groupe américain se contentait d’un paiement de 1 dollar, accru des 117 millions de dollars de remboursement de coûts, soit une valeur «substantiellement inférieure à celle du marché», précisait Constellation, mais refusait d’abandonner son option de vente. L’arrivée au conseil de Constellation de l’avocat Samuel Minzberg, nommé par EDF, dès la réunion du 22 octobre, semble avoir accéléré le processus.
EDF ne devra ainsi débourser que 140 millions de dollars pour les 50% d’UniStar, propriétaire des sites de Calvert Cliffs, et de deux sites dans l’état de NewYork apportés par Constellation. Reste à savoir «si EDF cherchera à céder Unistar et donc à se désengager des Etats-Unis, ou à chercher un nouveau partenaire pour construire ces nouvelles centrales nucléaires», note Oddo. «Dominion Resources, Duke Energy, Entergy, Exelon, NextEra Energy, NRG Energy, Publi Service Enterprise Group et Sempra Energy sont généralement cités parmi les acquéreurs potentiels de la part de Constellation dans Unistar», ajoute Raymond James.
EDF abandonnera aussi à Constellation 3,5 millions d’actions, valorisées 109 millions de dollars au cours de mardi, réduisant ainsi sa participation au capital de Constellation de 8,5% à 6,8%. En revanche, la structure actionnariale de Constellation Energy Nuclear Group demeure, 50,01% pour Constellation et 49,99% pour EDF.
«In fine, EDF économise un impact négatif de 0,8 euro par action sur son cours objectif [45,8 euros] et une importante sortie de cash», conclut Raymond James.
Plus d'articles du même thème
-
La zone franche de Shanghai devient une place majeure de l’internationalisation du yuan
Alors que la Banque Populaire de Chine vient de prendre de nouvelles mesures pour favoriser l’utilisation du yuan à l’international, les échanges via Shanghai sont déjà en hausse et devraient permettre le rapprochement entre yuan onshore et offshore. -
Bruxelles adopte la version révisée des normes ESRS
Avec l'objectif d'alléger le fardeau administratif de la mise en application de la directive CSRD pour les entreprises, la Commission européenne a enfin adopté la nouvelle version des normes de reporting sur la durabilité. -
Les producteurs asiatiques de puces tirent sur la corde des levées de fonds
Le fabricant sud-coréen de puces SK Hynix a lancé lundi le processus d'une introduction en Bourse aux États-Unis et espère lever jusqu'à 28 milliards de dollars. Unimicron, de son côté, cherche à lever 1,4 milliard. Les deux entreprises pensent qu'elles peuvent toujours profiter de la vague sur l'IA.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Les actions coréennes approchent du bear market
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
Contenu de nos partenaires
-
Paiement numériqueBarbara Sessa : « Avec le paiement par agent IA, Mastercard passe de la vérification de l'identité à la vérification de l'intention »
Barbara Sessa : « Depuis soixante ans, Mastercard investit pour construire un écosystème résistant. Sur la cybersécurité, Mastercard a investi depuis 2018 plus de 9 milliards de dollars » -
Contrôle des changesLondres durcit les soutiens financiers d’origine étrangère aux partis politiques
Le gouvernement britannique vient de restreindre les règles de financement provenant d’électeurs vivant en dehors du Royaume-Uni -
Aléa climatiqueClimat : La bataille industrielle se jouera aussi avec le thermomètre
Une nouvelle vague de chaleur déferle. Les sites industriels européens sont particulièrement impactés, souligne une étude du groupe Sia