EDF se renforce pour 300 millions d’euros en Pologne grâce à EnBW
Un an après la cession de sa participation de 45% dans EnBW, EDF rachète comme cela avait été envisagé les participations du producteur électrique allemand en Pologne pour un montant total de 301 millions d’euros, soit un multiple induit de 5 fois l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) de l’exercice 2010. Sous réserve du feu vert des autorités de la concurrence, l’énergéticien possédera à l’issue de cette opération «97,34% de la société Ersa (les 2,66% restants étant détenus par les salariés de l’entreprise) et 50% plus une action de Kogeneracja». Le groupe français précise qu’il n’aura pas à lancer d’offre publique d’achat sur cette dernière société qui restera cotée à la Bourse de Varsovie.
Ersa, qui dispose à l’heure actuelle d’une centrale électrique (Rybnik) comprenant huit unités à charbon, doit mettre en service en 2018 une centrale à charbon «supercritique» dont le rendement de 900 MW sera 4 fois supérieur à celui de son parc actuel.
Kogeneracja possède deux centrales de production d’électricité et de chaleur plus une centrale à gaz à cycle combiné. EDF explique que cette transaction, qui s’inscrit dans sa trajectoire financière annoncée cette été, lui permettra de poursuivre sa stratégie de développement et d’intégration en Pologne, où il est présent depuis 12 ans avec un chiffre d’affaires de plus d’un milliard d’euros et une capacité électrique installée de plus de 3 GW. L’opération générera en outre «de nouvelles synergies opérationnelles estimées entre 3 et 5 millions d’euros par an».
Quant à EnBW, désormais contrôlé par le gouvernement régional de Bade-Wurtemberg, il utilisera le produit de cette cession pour augmenter sa flexibilité financière, un préalable indispensable à la réalisation d’un programme d’investissements de 8 à 10 milliards d’euros prévu dans les énergies renouvelables d’ici 2020. Il entend ainsi doubler sur la période à 6.000 MW sa capacité de production dans ce domaine.
Le quatrième producteur d’électricité allemand, qui a publié une perte nette de 590 millions d’euros au premier semestre après avoir dû mettre en sommeil deux de ses quatre réacteurs nucléaires, est pénalisé comme ses concurrents par la décision de Berlin d’abandonner totalement d’ici à 2022 tout recours à cette forme d’énergie. L’action EDF a terminé en repli de 1,6% à 18 euros hier.
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