EDF lance le refinancement de trois lignes obligataires

Le groupe propose le rachat partiel d’obligations 2013, 2014 et 2015 d’un nominal cumulé de 4,6 milliards d’euros
Olivier Decarre

Profitant de conditions de marché favorables, les émetteurs s’engouffrent dans les refinancements obligataires. Hier, c’est EDF qui a annoncé un programme de rachat partiel sur trois lignes jusqu’au 3 novembre. Les échéances visées sont celles de janvier 2013 (2 milliards d’euros de nominal avec un coupon de 5,625%), de mai 2014 (600 millions d’euros à 5%) et de janvier 2015 (2 milliards d’euros à 5,125%).

Souhaitant «poursuivre sa politique d’allongement de la maturité moyenne de sa dette», de 8,8 ans aujourd’hui, EDF précise qu’il ciblera en priorité la ligne 2014 et qu’il «procèdera à une nouvelle émission obligataire en euros d’une maturité longue, pour un montant équivalent à celui du rachat obligataire». A priori sur une maturité d’une quinzaine d’année. Sachant que le taux de réponse est d’environ 30% sur ce type d’opération, un apport de 1,2 à 1,5 milliard en nominal serait jugé satisfaisant en interne.

Les gérants ont-ils intérêt à apporter? «Il est toujours difficile de répondre car tout dépend du niveau et de la date d’entrée, des possibilités de réemploi du cash reçu ou encore des maturités souhaitées par les gérants, explique Sébastien Barthélémi, responsable de recherche de Louis Capital Markets. Un autre élément peut entrer en ligne de compte. Même si la prime ne devrait pas être très forte, certains gérants peuvent être sensibles à la baisse de liquidité induite sur certaines lignes, notamment la 2014».

Si le groupe n’évoque pas dans son communiqué la possibilité d’abaisser par la même occasion le coût moyen de sa dette, nul doute que le coupon de la ligne de substitution sera inférieur, permettant au groupe de faire de belles économies. Même si le rachat lui coûtera plus cher que le nominal visé.

Compte tenu des niveaux de marché, ces trois lignes traitent à un prix moyen pondéré d’un peu plus de 109% du pair et affichent un coupon moyen pondéré de 5,32%. En supposant un rachat au prix de marché (proportionnellement au poids de chaque ligne), EDF devra donc réémettre à moins de 4,9% pour économiser des frais financiers. Le taux devra même être inférieur à 4,6% s’il vise essentiellement la ligne 2014 (qui traite à 109,2% du pair).

Cela semble à sa portée. GDF Suez vient de placer 1 milliard d’euros de titres 2022 avec un coupon de 3,5%. Quant à EDF, ses titres 2024 affichent actuellement sur le secondaire un rendement d’environ 4%.

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