EDF : la décision de l’AMF sur l’OPA pourrait encore tarder
L’Autorité des marchés financiers (AMF) prendra le temps nécessaire pour examiner l’offre de l'État de nationaliser intégralement EDF, a déclaré lundi la présidente du gendarme de la Bourse, Marie-Anne Barbat-Layani.
La France veut racheter les 16% d’EDF qu’elle ne possède pas déjà pour privatiser l’entreprise et avoir les mains libres dans sa gestion alors que les gouvernements européens cherchent à sécuriser leurs approvisionnements énergétiques.
Lorsque l'État a déposé son offre auprès de l’AMF le mois dernier, il s’attendait à recevoir le feu vert du régulateur vers le 8 novembre. Cela lui aurait permis de lancer l’OPA sur les géant de l'électricité peu de temps après en vue de boucler le processus vers le 8 décembre.
Le temps nécessaire
Mais l’AMF n’a pas encore statué sur l’offre. Des sources ont déclaré à Reuters vendredi qu’elle le ferait après une réunion qu’elle doit tenir le 22 novembre, ajoutant qu’une décision avait été retardée par des discussions avec EDF sur les conditions dans lesquelles son conseil d’administration avait recommandé l’offre.
Interrogée pour savoir si le régulateur pourrait rendre sa décision mardi, la présidente de l’AMF, Marie-Anne Barbat-Layani, a déclaré à la radio BFM Business : «Je ne peux pas dire. J’ai toujours dit que l’AMF prendrait le temps nécessaire pour étudier cette offre. Cela ne durera pas éternellement.»
Le conseil d’administration d’EDF, à la majorité de ses membres présents, a voté le 27 octobre pour déclarer équitable l’offre de l'État de payer 12 euros par action et 15,52 euros par obligation convertible «Océane», sur la base de l’avis d’un expert indépendant.
Certains fonds américains détenant des actions EDF, dont le fonds spéculatif TIG Advisors, contestent ce prix et demandent une augmentation, arguant que les informations sur l’impact des décisions gouvernementales de ces dernières années sur les finances d’EDF étaient insuffisantes.
Luc Rémont coopté
«L’AMF ne fixe pas le prix, elle apprécie la conformité de l’offre, elle regarde comment l'évaluation a été faite», a déclaré Marie-Anne Barbat-Layani.
«Elle vérifie également si les informations fournies (aux actionnaires minoritaires) étaient suffisamment détaillées», a-t-elle ajouté.
Parallèlement, le conseil d’EDF a coopté Luc Rémont en tant qu’administrateur du groupe. En provenance de Schneider Electric, il doit succéder à Jean-Bernard Lévy à la tête de l'électricien.
Plus d'articles du même thème
-
Entre espoirs en Ukraine et escalade en Arabie saoudite, le pétrole hésite
Les cours des produits pétroliers sont volatils après des événements contradictoires. La Russie devrait débloquer des milliers de tonnes de diesel mais les houthis attaquent l’aéroport de Riyad. -
Les résultats de LG Energy Solution dépassent largement les attentes
La hausse de près de 26% du bénéfice d’exploitation trimestriel du fabricant de batteries électriques provient notamment des crédits d’impôt accordés par les Etats-Unis. -
EXCLUSIFTwenty First Capital gagne du temps dans la course à la reprise des actifs de Xerys Invest
Lors du passage de témoin entre les deux sociétés de gestion, Biolog a été placée en redressement judiciaire et PowiDian Energy liquidée. Dans le même temps, TwentyFirst Capital a demandé à l’AMF un nouveau délai pour boucler une levée de 35 millions d’euros.
ETF à la Une
BlackRock veut ajouter une catégorie de parts ETF à cinq fonds actifs
- Worldline s'assure une place dans la course à l'agentique
- La France a encore des raisons de croire en son économie
- Les banques européennes chutent avec le rebond des taux souverains
- Danfoss réussit une émission obligataire malgré la cyberattaque en France
- Les banques françaises ne savent pas parler aux femmes
Contenu de nos partenaires
-
Opération séductionPrésidentielle : à la conquête de la Gen Z
Le mouvement lycéen a fait irruption dans la campagne, plaçant la jeunesse au cœur du débat. Le défi est de séduire une génération plurielle, revendicative et marquée par une forte abstention -
EditorialBudget 2027 : en finir avec le simulacre
Ce simulacre tournera-t-il au massacre ? Eviter le krach financier est désormais l'unique ambition de Matignon. A raison -
Chevalier blancPourquoi l'Etat monte au capital du groupe minier Eramet
L'Agence des participations de l'Etat (APE) va devenir premier actionnaire du groupe minier à l'occasion de sa prochaine augmentation de capital