Le groupe énergétique EDF a revu en forte hausse lundi l’impact attendu du relèvement des volumes additionnels d’Arenh et de la baisse de production nucléaire en France sur son excédent brut d’exploitation (Ebitda) cette année.
« Dans l'état des informations dont le groupe dispose et sur la base des prix à terme 2022 au 11 mars 2022, l’estimation de l’impact de la baisse de production sur l’Ebitda du groupe pour 2022 est réévaluée à environ 16 milliards d’euros », a indiqué EDF dans un communiqué.
En février, le groupe avait indiqué prévoir une production nucléaire en France comprise entre 295 et 315 TWh en 2022, contre 360,7 TWh en 2021. EDF avait alors estimé que cette baisse de la production nucléaire aurait un impact d’environ 11 milliards d’euros sur son Ebitda 2022.
Pour limiter la hausse des tarifs de l'électricité sur les ménages, le gouvernement avait demandé à EDF de vendre davantage d'électricité nucléaire à prix réduit à ses concurrents, dans le cadre du dispositif de l’Arenh (accès régulé à l'électricité nucléaire historique). Le gouvernement a publié samedi le décret relevant de 20 térawattheures (TWh) à 120 TWh ce volume d'électricité. EDF avait dans un premier temps estimé à environ 8,4 milliards l’impact négatif de cette mesure sur son Ebitda 2022.
L’action poursuit son recul
« Sur la base des modalités définies dans le décret, et dans l'état des informations dont le groupe dispose, l’estimation de l’impact sur l’Ebitda du groupe pour 2022 est réévaluée à environ 10,2 milliards d’euros », a annoncé EDF.
« Ces estimations actualisées impliquent » donc des impacts supplémentaires de 6,8 milliards d’euros sur l’Ebitda de l’exercice 2022, note la banque Jefferies.
A la suite de ces annonces, l’action EDF perd 0,8% à 8,66 euros en début de séance à la Bourse de Paris.
EDF a également indiqué maintenir ses objectifs 2023 d’endettement, avec un endettement financier net représentant 3 fois l’Ebitda et une dette économique ajustée représentant entre 4,5 et 5 fois l’Ebitda ajusté.
« Par ailleurs, dans la situation actuelle, les impacts des effets du conflit ukrainien et des tensions géopolitiques associées sur les risques de toute nature sont difficilement quantifiables », a souligné la société.
Cette dégradation de la balance commerciale résulte de l’achat d’hydrocarbures à des prix plus élevés, qui n’est pas compensé par l’augmentation des exportations d’électricité ou de produits raffinés.
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