EADS en négociations exclusives pour racheter le canadien Vector Aerospace
La trésorerie nette d’EADS excédentaire de plusieurs milliards d’euros devrait trouver matière à s’employer partiellement prochainement. Le constructeur aéronautique européen, qui souhaite se développer en Amérique du Nord, a en effet annoncé hier avoir engagé des discussions exclusives en vue du rachat du groupe canadien Vector Aerospace, spécialisé dans la maintenance et la réparation aéronautique.
La cible, qui a confirmé l’ouverture de ces négociations après avoir reçu «plusieurs marques d’intérêt», souligne, à l’instar d’EADS, que «toute transaction fera l’objet d’une procédure de due diligence et que les discussions ne se traduiront pas forcément par une offre ferme d’EADS sur la société». Après avoir été suspendues, les actions du groupe canadien coté à Toronto prenaient plus de 10% à la clôture des Bourses européennes, lui conférant une capitalisation boursière de 522 millions de dollars (365 millions d’euros). EADS a de son côté terminé en hausse de 1,7% à 20,2 euros à Paris.
Même modeste, cette acquisition contribuerait à réduire la dépendance d’EADS vis-à-vis de sa principale filiale Airbus qui représente encore les deux tiers d’un chiffre d’affaires consolidé de 45,8 milliards d’euros l’an dernier. Vector Aerospace, dont les ventes représentent moins de 1% de celles d’EADS, a dégagé sur la période une marge nette de 6,1% contre 1,2% pour le constructeur européen.
EADS augmenterait également ainsi son exposition sur le marché en croissance des services aéronautiques à destination des motoristes, des équipementiers et des fabricants d’hélicoptères. Ces derniers «ont des besoins intensifs en matière de maintenance», relève Nick Cunningham, analyste chez Agency Partners à Londres. Il ajoute que la présence de Vector au Canada, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Afrique, aiderait EADS à renforcer sa présence sur le marché de l’aviation militaire.
Début mars, le président exécutif d’EADS Louis Gallois avait indiqué ne pas vouloir se mettre sous pression concernant sa politique de croissance externe. Le groupe avait cependant estimé qu’il pouvait consacrer «jusqu’à 1,5 milliard d’euros» pour des opérations de taille moyenne, le directeur financier Hans Peter Ring étant confiant sur le fait qu’une transaction serait menée à bien en 2011, après plusieurs années d’une expansion centrée sur la croissance interne.
Plus d'articles du même thème
-
Sodexo relève sa prévision de croissance annuelle après un bon trimestre
Entre mars et mai, le groupe a enregistré une hausse de ses ventes de 0,9% et il vise désormais une progression interne d'au moins 1,2% sur l'ensemble de son exercice décalé 2025-2026. -
DNCA Finance recrute un gérant de LBP AM pour muscler l’équipe d’Alpha Bonds
Guillaume Fradin va contribuer au développement de l'expertise obligataire de conviction de la société. -
Bouygues se renforce dans la construction aux Etats-Unis
Le conglomérat a annoncé l'acquisition de Vannoy Construction, une entreprise active dans le sud-est des Etats-Unis qui a enregistré un chiffre d'affaires de 873 millions d'euros l'an dernier.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Schneider Electric, Saint-Gobain, L'Oréal : trois modèles d'ambitions du CAC 40 en Inde
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
CONFIANCEPourquoi il faut réconcilier résilience numérique et performance - par Benoît Darde
Le progrès européen ne se décrète pas. Les tensions géopolitiques forcent aujourd'hui une relecture de nos chaînes de valeur. L'Europe affronte le défi de son autonomie stratégique, coincée entre la rhétorique politique et la réalité des dépendances technologiques mondiales -
Bras de ferConsigne des bouteilles plastique : la guerre du bac jaune tourne au bourbier politique
Le gouvernement avance vite pour déployer la consigne pour recyclage à partir de début 2027. Mais les collectivités locales, les ONG et les recycleurs freinent en raison des incertitudes sur les impacts financiers et écologiques de cette vaste réforme. -
JackpotDepuis la levée des sanctions américaines, l'Iran exporte son pétrole à tour de bras
Téhéran vend massivement son or noir à la Chine avant que la fenêtre des 60 jours prévus par l'accord ne se referme