E.On n’anticipe pas d’amélioration de ses résultats avant 2013
En novembre dernier déjà E.On avait prévenu que les charges provenant de ses activités dans les pays balkaniques entraîneraient un recul de ses résultats. Hier, il a fait état d’une chute de son bénéfice net non ajusté de 30% à 5,8 milliards d’euros, confirmant le scepticisme d’un grand nombre d’analystes sur les médiocres perspectives du groupe énergétique allemand. Le résultat net ne recule que de 4% à 4,9 milliards, mais les perspectives pour les deux années à venir s’annoncent sombres.
Pour l’année en cours le groupe s’attend à une nouvelle baisse de sa rentabilité. Johannes Teyssen, le patron d’E.On, invoque notamment l’introduction de la taxe nucléaire, décidée par le gouvernement d’Angela Merkel, qui amputera le résultat du groupe d’un milliard d’euros à partir de cette année. E.On et les autres compagnies allemandes d'électricité comme RWE et EnBW payent donc un prix élevé pour un accord passé en 2010 avec le gouvernement qui les autorise à étendre de douze ans la durée de vie de leurs centrales nucléaires.
Eon souffre aussi de la chute des marges dans le gaz. Pour l’année en cours le groupe s’attend à une perte d’un milliard d’euros dans ce segment. Selon Johannes Teyssen, E.On a mis «le turbo» pour renégocier les prix gaziers avec le fournisseur russe Gazprom, mais les pourparlers ne progressent que lentement.
Au total, le résultat net d’Eon devrait se situer cette année dans une fourchette de 3,3 à 4 milliards d’euros. Le groupe espère mettre fin à l’indexation des prix gaziers sur ceux du pétrole. Le système actuel «nous oblige à acheter le gaz à un prix supérieur à celui auquel nous pouvons le revendre à nos clients», a expliqué le patron d’E.On. C’est pourquoi les résultats devraient aussi reculer en 2012, «mais à un degré moindre qu’en 2011», affirme E.On.
D’ici là le groupe espère compenser une grande partie de ses charges par des effets de synergie et de réduction des coûts d’au moins 1,5 milliard d’euros. Parallèlement E.On progresse dans son plan de cession d’actifs. Neuf des 15 milliards d’euros de ventes de participations visées, comme celle des parts dans Gazprom et celle du réseau britannique, ont déjà été réalisés. Ces transactions s’inscrivent également dans le cadre de sa stratégie visant à réduire son endettement. A partir de 2013, le groupe espère renouer ainsi avec un Ebitda d’au moins 13 milliards d’euros, son niveau de l’an dernier.
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