E.ON entrevoit quelques signes de stabilisation
E.ON est toujours «en transformation», reconnaît Johannes Teyssen, son président du directoire. Le premier producteur allemand d’électricité continue de s’adapter à la révolution provoquée sur son marché par le plan de sortie progressive du nucléaire en Allemagne, la montée en puissance des énergies renouvelables et le repli de la consommation en Europe. Mais les résultats semestriels annoncés hier par le groupe montrent quelques signes de stabilisation.
Alors qu’il a quasiment été divisé par deux entre 2010 et 2013, l’Ebitda de la division production d’électricité d’E.ON, qui regroupe les activités nucléaires et fossiles, a augmenté de 250 millions d’euros au premier semestre 2014, un montant meilleur qu’attendu. Le groupe bénéficie d’éléments fiscaux favorables liés à la taxe allemande sur le nucléaire, mais il profite aussi d’une moindre dégradation du marché de gros de l’électricité dans le courant du premier semestre. La direction d’E.ON se félicite également de la récente réforme du marché allemand des énergies renouvelables, qui devrait jouer en faveur d’une stabilisation du marché. Entrée en vigueur le 1er août, elle prévoit une baisse des tarifs de rachat de l’électricité produite à partir des énergies renouvelables et un plafonnement de la production.
Malgré ces signaux positifs, le point d’inflexion n’est toujours pas atteint. Au premier semestre, l’Ebitda cumulé d’E.ON a baissé de 12% à 5 milliards d’euros. Son bénéfice net courant, principale référence pour le dividende, a reculé de 20% à 1,53 milliard. Pour 2014, le groupe continue de miser sur un Ebitda compris entre 8 et 8,6 milliards et sur un bénéfice net courant allant de 1,5 à 1,9 milliard. Cela marquera la troisième année consécutive de baisse des profits.
La situation en Russie n’a pas modifié les prévisions du groupe. «Nous surveillons l'évolution de la situation en Ukraine avec une certaine préoccupation. Mais nous faisons l’hypothèse que nous resterons en mesure de coopérer avec succès avec des entreprises russes», a expliqué Johannes Teyssen. E.ON vend de l'électricité sur le marché russe par l’intermédiaire de sa filiale locale E.ON Rossiya OAO. Parallèlement, il achète 30% à 40% de son gaz à Gazprom et détient un quart du capital de l’un des principaux champs gaziers sibériens. RWE, numéro deux allemand de l'énergie, publie ce matin ses résultats semestriels.
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