Direct Energie finance sa croissance avec un placement privé obligataire
Direct Energie se lance sur le marché des obligations cotées. Le troisième fournisseur d’électricité et de gaz en France a bouclé la semaine dernière un placement privé sous format obligataire de 40 millions d’euros. Dirigé par Oddo dans un délai assez court – un mois et demi – pour ce type de transaction, cet «Euro PP» a été souscrit par huit investisseurs institutionnels.
Plutôt riche en cash, et disposant de lignes de crédit bancaire, la société recherchait un financement de maturité longue, sans garanties et payable in fine. D’où le choix d’un placement privé, qui signe aussi sa première incursion sur le marché obligataire. Ce format «bond» correspond à la typologie des investisseurs, qui restent dans leur majorité plus à l’aise avec une obligation cotée qu’avec un prêt. Deux tranches ont été émises: l’une de 28,5 millions d’euros remboursable en décembre 2019 et assortie d’un coupon de 4,7%, l’autre de maturité 7 ans et de coupon 5%.
«Le choix d’un placement en deux tranches correspond à des demandes différentes de la part des investisseurs en termes de maturité, certains d’entre eux étant des fonds fermés avec une échéance de remboursement. Du point de vue de la société, cela permet aussi d’éviter une forme de mur de la dette», explique Laurent Bonnin, managing director chez Oddo Corporate Finance.
Les fonds levés auront trois destinations, indique Mathieu Behar, responsable financement et trésorerie de la société. Ils financeront tout d’abord les investissements nécessaires en France, où le groupe vise 2 millions de clients en 2018 contre 1,1 million fin mars. Ils serviront aussi à la croissance en Belgique, où le fournisseur a lancé le 1er juillet ses offres grand public. Enfin, Direct Energie espère se donner plus de souplesse pour répondre aux appels d’offres des grands consommateurs d'énergie, qui réclament souvent des conditions de paiement étalées sur plusieurs mois.
Le marché français du placement privé poursuit ainsi sa croissance régulière, même si l’on est loin d’assister à un raz-de-marée. Selon les statistiques compilées par L’Agefi à partir des transactions publiquement annoncées, les volumes levés atteignent 890 millions d’euros depuis le 1er avril, et plus d’un milliard sur 2014, marquant une nette accélération ces derniers mois.
Alimenté logiquement au départ par les plus belles signatures (Zodiac, Sodiaal, Lactalis…), le marché s’ouvre désormais à des émetteurs de plus petite taille.
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