Dans la tourmente, la direction de Chesapeake accélère les cessions d’actifs
Chesapeake, le partenaire américain de Total dans les gaz de schiste, est en pleine tourmente. Vendredi, après une intense pression de ses principaux actionnaires, Southeastern Asset Management et Carl Icahn, qui détiennent respectivement 13,6% et 7,6% du capital, l’assemblée générale du deuxième producteur américain de gaz a entériné le remaniement de son conseil d’administration. Quatre nouveaux administrateurs, sur les neuf que compte le conseil, seront ainsi nommés d’ici au 22 juin. Deux administrateurs, candidats à leur réélection, ont démissionné après avoir reçu moins d’un quart des voix.
Contesté depuis la découverte de prêts que lui aurait accordés Chesapeake pour financer ses projets personnels, Aubrey McClendon a aussi rendu son siège de président. Mais ses jours à la direction générale semblent également comptés, des actionnaires demandant sa démission pure et simple. Aubrey McClendon aurait bénéficié d’un droit contractuel d’investir à hauteur de 2,5% dans de nouveaux puits forés sur les territoires où le groupe a des concessions. Il aurait ensuite usé de ces actifs comme contrepartie pour obtenir pour 1 milliard de dollars de prêts personnels de l’entreprise.
A cette crise de gouvernance s’ajoutent de graves difficultés financières. Pris à revers par la chute des cours du gaz aux Etats-Unis, Chesapeake est à cours de liquidités. Son cash-flow annuel pourrait être négatif de plus de 20 milliards de dollars, selon certaines estimations. Le groupe a donc lancé en urgence, mais aussi sous la pression de l’activiste Carl Icahn, un plan de cessions d’actifs qui doit lui permettre de récupérer entre 11,5 à 14 milliards de dollars en 2012.
Vendredi, juste avant l’assemblée générale, Aubrey McClendon a annoncé la cession de deux activités de transport de gaz au fonds Global Infrastructure Partners. Elle devrait rapporter plus de 4 milliards de dollars. Au total, avec ces opérations, le groupe a déjà vendu pour 6,6 milliards de dollars d’actifs cette année.
Malgré l’urgence, et profitant de l’appétit actuel des fonds d’infrastructures pour ce type d’actifs, les réseaux gaziers ont été cédés dans de bonnes conditions. Les derniers gazoducs vendus pour 4 milliards de dollars étaient valorisés 2,4 milliards de dollars dans les livres de Chesapeake. Le groupe se dit ainsi confiant dans sa capacité à atteindre son objectif de désinvestissements cette année.
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