Danone sacrifie sa marge pour s’adapter aux difficultés en Espagne

Le groupe table sur une baisse de 50 points de base de sa marge opérationnelle. Des baisses de prix sont envisagées
Bruno de Roulhac

Même Danone n’est pas à l’abri de la crise! Le groupe d’agroalimentaire a jeté le froid sur le secteur en lançant hier un avertissement sur marge opérationnelle pour 2012. Profit warning sanctionné par une chute de 6,04% du titre à 48,7 euros.

Danone table désormais sur un recul de 50 points de base à données comparables de sa marge opérationnelle, au lieu d’une stabilité confirmée mi-avril. Le groupe justifie cette révision pour «mettre en place les actions nécessaires en Europe du Sud». Pour ces marchés, en particulier l’Espagne, où la consommation se dégrade plus fortement que prévu, Danone va soutenir ses marques et renforcer la compétitivité de ses produits. L’an dernier, l’Espagne a pesé de 7 à 8% des ventes de ventes de Danone et 12% de ses bénéfices. Le recul de la marge concernera d’abord les produits laitiers frais, prévient Pierre-André Térisse, directeur financier de Danone, en raison des baisses de prix qui seront passées.

Le groupe invoque également une hausse des coûts des matières premières supérieure à ses attentes. La hausse du prix du lait et de l’emballage «se traduit par un coût additionnel de 1 % à 2 %», a ajouté Pierre-André Térisse. Sur l’ensemble de l’année, Danone table sur une inflation de ces coûts de 5 à 9%, contre 5% estimé en avril. Toutefois, «nous pensons toujours qu’il bénéficiera d’une baisse du prix du lait au quatrième trimestre et en 2013», note Kepler.

Pour 2012, «nous attendions un résultat opérationnel en progression de 8% avec une marge opérationnelle quasiment stable à 14,8%, note Aurel BGC. Une baisse de 50 points de base conduirait à une hausse limitée à 4% du résultat opérationnel». Le redressement «attendu de l’activité au quatrième trimestre devrait être décalé d’un ou deux trimestres», ajoute CM-CIC.

Aussi, «le consensus pourrait réduire de 5 à 7% ses prévisions de bénéfice par action pour refléter la pression sur les marges», poursuit BoA Merrill Lynch. Pour sa part, Kepler réduit ses estimations de bénéfice par action en moyenne de 4% par an sur 2012-2014, et ses hypothèses de marge de 62 points de base en moyenne par an sur la période.

En revanche, le groupe table toujours sur une croissance de 5 à 7% (en comparables) de son chiffre d’affaires, et un cash-flow libre de 2 milliards d’euros. Il mise notamment sur sa forte exposition aux marchés émergents représentant 51% de ses ventes en 2011, contre 38% en 2007.

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