Daimler et Rolls-Royce jouent la montre dans leur offre conjointe sur Tognum
Ouverte depuis mercredi dernier après avoir reçu le visa du gendarme boursier allemand (BaFin), l’offre de rachat du motoriste Tognum menée conjointement par Daimler et Rolls-Royce ne semble pas rencontrer la faveur du marché. Depuis que les deux acquéreurs potentiels ont fait part de leurs intentions le 9 mars dernier, l’action Tognum se traite en effet au-dessus du prix proposé de 24 euros valorisant leur cible 3,2 milliards d’euros. Le titre a ainsi clôturé vendredi dernier à 25,9 euros à Francfort, près de 8% au-dessus du prix de l’offre.
Ce prix de 24 euros correspond au prix d’introduction en Bourse du motoriste allemand en juillet 2007. Daimler avait cédé plus d’un an auparavant pour 1,6 milliard d’euros cette filiale, alors nommée MTU Friedrichshafen, au groupe de private equity suédois EQT. Le constructeur automobile est depuis trois ans remonté progressivement au capital de Tognum jusqu’à en détenir 28,4%, une participation qu’il apportera bien sûr à l’offre.
Ce n’est pas le cas d’ING, son deuxième actionnaire avec 9% du capital, qui a jugé l’offre «trop basse», suggérant un prix de rachat de 30 euros par titre. Selon des sources proches du dossier, d’autres investisseurs institutionnels importants comme First Eagle et Delta Lloyd «ont également fait part par oral ou par écrit de leur opposition à cette opération pour des raisons de valorisation». Au total, environ 30% du capital échapperait à Rolls-Royce et Daimler.
Le constructeur allemand a déclaré «avoir du temps» pour convaincre du bien-fondé de l’offre qui expire le 18 mai prochain, sachant que les deux acquéreurs souhaitent obtenir au minimum 50% du capital. Les investisseurs apportant leurs titres «auront droit au dividende de 0,5 euro par action qui sera proposé au titre de 2010 lors de l’assemblée générale du 11 mai prochain», ajoute Daimler.
Du côté de Tognum, une porte-parole interrogée par L’Agefi a indiqué que «la logique industrielle de cette opération apparaît convaincante». Mais la direction, qui détient 5,3% du capital, souhaite «examiner en détail l’ensemble des conditions liées à l’offre» avant d’émettre une opinion sur le prix proposé. Cette prise de position pourrait avoir lieu «d’ici une quinzaine de jours».
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