Cinven met fin à six ans d'épreuve de force avec les hedge funds sur Camaïeu

Le fonds a trouvé un accord avec les actionnaires qui bloquaient depuis six ans le retrait du groupe de prêt-à-porter de la Bourse de Paris
Olivier Pinaud

La patience aura payé. Quatre ans après avoir acheté auprès d’Axa PE un bloc de 65% au capital de Camaïeu, Cinven détient enfin le solde du capital. En trouvant un accord avec les actionnaires minoritaires, principalement des hedge funds, le fonds a franchi hier les 95% du capital, un seuil crucial. D’une part, il permet de lancer une offre publique de retrait suivi d’un retrait obligatoire sur les derniers titres en circulation. Surtout, au-delà de ce niveau, la société qui supporte la dette d’acquisition peut profiter de l’intégration fiscale.

Camaïeu aurait déjà dû être retiré de la Bourse de Paris dès 2005, lors du rachat par Axa PE de 40% du capital de la chaîne de magasins. Mais le prix de 85 euros par action proposé pour racheter les parts des actionnaires minoritaires ne convainc pas. Axa PE ne collecte que… 14.000 titres sur le marché, moins de 1% du capital. Deuxième tentative un an plus tard, après qu’Axa PE a acheté 10% supplémentaires auprès du hedge fund Sandell. Mais là encore, le prix, pourtant relevé à 130 euros, ne suffit pas. Plusieurs fonds, principalement Boussard & Gavaudan, Polygon et Citadel, s’opposent à l’opération, confortés par les bons résultats de Camaïeu et par la hausse continue du cours de Bourse.

C’est dans ce contexte que Cinven rachète en 2007 le bloc détenu par Axa PE au prix de 267 euros par action. Compte tenu de l’opposition forte et connue des hedge funds, le fonds sait que l’offre publique qu’il doit lancer n’a aucune chance d’aboutir. Pour affirmer leur hostilité, certains fonds se renforcent même au capital à un cours supérieur à l’offre de 267 euros. En septembre 2007, le cours de Bourse de Camaïeu dépasse les 300 euros, valorisant l’enseigne 1,8 milliard d’euros.

Depuis, la chute des marchés, la très faible liquidité du titre, et le départ de l’ancien président, ont renvoyé le cours vers les 135 euros. Un contexte plus propice à un accord entre Cinven et les actionnaires récalcitrants. Le fonds a néanmoins payé les titres 214,46 euros pièce, soit un montant total de 388 millions d’euros pour les 1,8 million d’actions achetées. Selon Cinven, qui ne souhaite pas donner plus de détails sur les conditions, les cédants prendront «une participation en dette et minoritaire en capital dans la chaîne de contrôle de Camaïeu». Une revendication déjà défendue par les hedge funds à l’époque des deux OPA d’Axa PE.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...