Casino semble avoir les arguments juridiques de son côté
Entre Diniz et Casino, le dialogue de sourds se poursuit. Alors que Jean-Charles Naouri, PDG de Casino, n’hésite pas à parler «d’expropriation», en évoquant le rapprochement de GPA et des activités brésiliennes de Carrefour, Abilio Diniz, le président de GPA, estime que Jean-Charles Naouri «va devoir négocier» et espère que Casino ne sera pas «irrationnel et irresponsable au point de ne pas aider à trouver une solution».
Diniz pourrait-il passer en force? Le système brésilien prévoit la possibilité de supprimer les droits de vote en cas de conflit d’intérêts, ce qui n’est pas évident à prouver. De plus, au regard de la structure juridique de GPA (voir graphique), qui voterait puisque les droits de vote de GPA sont exclusivement détenus par Casino (67%) et par Diniz (33%). L’approbation «dépendra des seuls actionnaires minoritaires, qui devraient y être favorables au vu des synergies promises, note CM-CIC. Mais cette procédure n’est heureusement pas une sinécure». En effet, «pourquoi créerait-on des droits de votes pour les titres des minoritaires (flottant) qui sont émis et négociés sans droit de vote?, s’interroge un avocat. D’ailleurs, le régulateur brésilien (CMV) l’approuverait-il ?»
Selon le pacte d’actionnaire de Wilkes, holding de tête, toute décision stratégique doit être unanime, sinon le projet est abandonné. De plus, «le président de GPA ne peut pas convoquer son conseil ou son AG sur un projet stratégique sans l’accord de Wilkes», précise un proche du dossier. La réponse est donc entre les mains du conseil de Wilkes le 2 août prochain.
Enfin, Casino pourrait encore accroître sa participation économique, actuellement de 43,1%. Les sœurs d’Abilio Diniz envisageraient de céder leur part (flottant), estimée à 4%, selon la presse brésilienne.
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