Carrefour parvient à rassurer les investisseurs sur la scission de Dia
Présentant hier le détail de son projet de scission à 100% de sa filiale de maxidiscompte Dia, Carrefour devait convaincre des investisseurs souvent sceptiques sur l’intérêt d’une telle opération. Ceux-ci semblent avoir été rassurés, au moins temporairement, puisque l’action a stoppé la dégringolade boursière de ces dernières semaines en grappillant 0,4% à 30,4 euros.
En permettant à chacune des deux entités de se recentrer sur une seule marque et une seule enseigne, cette scission obéit à «des modèles économiques et des moteurs de croissance différents», souligne le directeur général Lars Olofsson. Il estime à plus de 4 milliards d’euros (dont 800 millions d’euros de dettes) la valorisation de Dia qui, malgré des «marques d’intérêt» exprimées par certains fonds d’investissement, sera comme prévu cotée à Madrid le 5 juillet et donnera lieu à la distribution d’un dividende exceptionnel en nature. Lars Olofsson a dit être «tout à fait confiant» dans l’approbation du projet par les actionnaires lors de l’assemblée générale prévue le 21 juin. Blue Capital, qui détient 20% des droits de vote de Carrefour, s’est engagé à conserver ses titres Dia pendant un an.
Dia devrait accélérer le rythme d’ouverture de ses magasins d’ici à 2013 pour atteindre un total de 8.000 unités contre 6.373 à fin 2010, sans investissement dans le foncier puisque «90% des magasins seront en location». A cette échéance, la proportion de magasins franchisés atteindrait 40% contre 32% l’an dernier. La conversion des magasins Ed à l’enseigne et aux formats Dia devrait d’autre part être parachevée d’ici fin 2012, avec une réduction des coûts totale de 230 millions pour Dia à cet horizon.
Malgré la hausse des matières premières et des conditions de marché qui restent «difficiles» en Europe occidentale, Carrefour table toujours sur une hausse de son chiffre d’affaires et de son résultat d’exploitation pour 2011, «sans prendre l’initiative d’une guerre des prix». Quant à la cotation d’un quart du capital de Carrefour Property qui représente 60% d’un portefeuille immobilier de 17,2 milliards d’euros en valeur brute, elle a été repoussée dans l’attente de progrès dans la réalisation de ses projets de développement (équivalent à 2 milliards d’euros sur une centaine de sites), indique Lars Olofsson en refusant toutefois d’évoquer un quelconque calendrier.
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