Carrefour envisage de poursuivre Deloitte dans l’affaire de sa filiale brésilienne
Carrefour veut tirer l’affaire au clair. Selon Le Figaro, le groupe de distribution envisage de porter plainte contre Deloitte, le cabinet qui auditait les comptes de sa filiale brésilienne dont les dérapages comptables lui ont coûté 550 millions d’euros de charges exceptionnelles en 2010. Le dépôt de cette plainte n’a pas été confirmé par Carrefour qui ne souhaite faire aucun commentaire. Deloitte, qui audite les comptes du groupe au niveau mondial, dit ne pas avoir été informé d’une telle procédure.
Début décembre, lors de l’annonce de l’ampleur finale des pertes, Lars Olofsson, le directeur général du distributeur, qui parlait alors de «défaillances», avait promis la plus grande «fermeté» pour déterminer les fautes éventuelles ayant conduit à de telles charges exceptionnelles, obligeant le groupe à abaisser ses prévisions de résultats annuels. Carrefour avait d’ailleurs montré l’exemple dès l’été dernier en limogeant la direction de sa filiale brésilienne mais craignait que les pratiques incriminées ne remontent en fait à plusieurs années.
Les dérapages portaient notamment sur le niveau des stocks, sur des risques fiscaux ou des ristournes fournisseurs. D’autres distributeurs auraient été victimes des mêmes pratiques dans le pays, liées à l’usage des marges arrière avec les fournisseurs. En début d’année 2010, lors des premiers retraitements sur les comptes de la filiale brésilienne de Carrefour, les charges étaient estimées à quelques dizaines de millions d’euros. Un audit confié à KPMG avait mis au jour l’ampleur des pertes et provoqué un début de scandale au Brésil.
Au début du mois de décembre 2010, le conseil fédéral brésilien de l’audit, l’ordre professionnel du pays, a ainsi ouvert de son côté une enquête pour tenter d’identifier les responsabilités dans cette affaire et déterminer si des fraudes ont été commises. D’autant qu’un mois auparavant Deloitte avait également été impliqué dans une autre affaire brésilienne d’irrégularités présumées. L’ordre professionnel brésilien, qui a le pouvoir de sanctionner les auditeurs, entend notamment vérifier s’il s’agit d’affaires isolées ou de pratiques plus généralisées dans le pays.
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