Camaïeu se dirige vers une nouvelle restructuration de dette
La situation financière se tend de nouveau chez Camaïeu. Après avoir déjà restructuré sa dette LBO fin 2016, le groupe de prêt-à-porter mène de nouvelles négociations encadrées avec ses créanciers, a appris L’Agefi. Modacin, la holding de tête de Camaïeu, porte encore un peu plus de 425 millions d’euros de dette senior. Contacté par L’Agefi, Camaïeu confirme des discussions en cours en vue d’obtenir un allongement de la maturité de sa dette.
Comme beaucoup de ses concurrents, à l’image d’IKKS, Camaïeu a souffert ces derniers mois d’une dégradation de son activité. En régression depuis 2016, son Ebitda en rythme annualisé serait récemment passé sous la limite des 75 millions d’euros fixée par la documentation financière. Le ratio de levier, qui était de 5,3 fois l’Ebitda à fin mars 2018, dépasserait ainsi le covenant de 6 fois.
Le capital de Camaïeu est encore principalement détenu par les anciens actionnaires du LBO, les fonds Polygon, Cinven et Boussard & Gavaudan, chacun étant toutefois minoritaire à titre individuel. Centerbridge et Barclays sont également au tour de table. La famille Torck, fondatrice de Camaïeu est encore présente minoritairement au capital.
Elisabeth Cunin, qui dirigeait Camaïeu depuis 2013, a été remplacée à la tête de la société cet été par Nicolas Woussen. Il occupait le poste de directeur financier depuis novembre 2017. Sa mission est de mener le déploiement du nouveau plan stratégique à l’horizon 2022, dont l’une des priorités est de développer l’omnicanal.
Camaïeu exploite 654 boutiques en France et 204 en Europe, essentiellement en Pologne et en Italie. Le groupe emploie environ 6.000 personnes.
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