BT va réduire de moitié le déficit de son fonds de pension

Fiscalement attrayant, le versement avant fin mars de 2 milliards de livres devrait aussi permettre d’accroître la rémunération aux actionnaires
Yves-Marc Le Reour

En décidant de prélever avant fin mars 2 milliards de livres (2,38 milliards d’euros) sur ses liquidités pour réduire le déficit de financement de son fonds de pension, BT lance un message positif à ses actionnaires en optimisant les économies d’impôts liées à cette opération. Le gain fiscal afférent sera en effet calculé sur un taux d’impôt sur les sociétés de 26% contre 24% à partir 1er avril prochain. Cet effet positif se retrouvera sur le montant payé au cours de l’exercice finissant en mars 2013. Alors que le déficit du fonds s’élevait à 9 milliards de livres fin 2008, sa valeur nette actualisée est estimée à 4,1 milliards au 30 juin 2011, sachant que ce montant «fera l’objet d’une certification actuariale attendue en mai prochain».

Financé sur «des ressources en trésorerie existantes de 1,5 milliard de livres complétées par des emprunts récents», le versement forfaitaire de 2 milliards sera suivi d’un paiement annuel de 325 millions pendant 9 ans à partir de mars 2013, contre 525 millions sur 17 ans auparavant. L’accord passé entre l’opérateur télécoms et les administrateurs («trustees») de son fonds de pension prévoit de moduler à partir de 2015 le montant des paiements en fonction de l’évaluation triennale des besoins de financement du fonds, la prochaine revue actuarielle étant prévue en juin 2014.

BT promet ainsi «une meilleure rémunération des actionnaires à l’avenir», selon les propos de son directeur général Ian Livingston. Mais les analystes de la banque Espirito Santo notent que le paiement d’un dividende dont le montant cumulé serait supérieur au versement de 3 milliards de livres attendu pour son fonds de pension sur la période 2012-2015 «contraindrait le groupe à relever à due concurrence sa contribution au financement du fonds». Ceci devrait l’inciter à une certaine modération dans la hausse de rémunération accordée aux actionnaires. Selon l’accord conclu, BT devra d’ailleurs consulter les «trustees» du fonds avant de verser un dividende spécial ou de lancer un nouveau programme de rachats d’actions.

Tout en saluant «l’effort substantiel» réalisé par BT, Moody’s relève pour sa part la grande volatilité de ce déficit et juge que cette opération n’aura pas d’impact immédiat sur la note de crédit à long terme du groupe (Baa2 assortie d’une perspective stable). Ceci n’a pas empêché l’action de terminer vendredi en hausse de 5,4% à 232 pence.

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