Les résultats du pétrolier sont inférieurs aux attentes, même retraités d’une charge de 4,8 milliards de dollars liée notamment au gaz de schiste
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La rédaction
BP a confirmé son statut de maillon faible parmi les grandes compagnies pétrolières mondiales en publiant mardi une perte trimestrielle de 1,4 milliard de dollars, grevée par une charge de 4,8 milliards de dollars (4,07 milliards d’euros) principalement imputable à des dépréciations de ses actifs aux Etats-Unis. Ajusté des éléments exceptionnels, le résultat ressort moindre qu’attendu à 3,68 milliards contre un consensus d’environ 4,4 milliards, et 5,7 milliards un an auparavant.
Le groupe britannique, confronté aux conséquences de l’explosion de sa plate-forme pétrolière dans le golfe du Mexique en 2010 et à un conflit avec ses partenaires russes dans TNK-BP, a indiqué que sa production et ses marges de raffinage avaient baissé au deuxième trimestre et continueraient de se replier au troisième trimestre.
La charge de dépréciation s’explique notamment par le déclin de la valeur de raffineries américaines mises en vente, par la baisse de la valeur d’actifs de gaz de schiste et par la suspension du projet Liberty, en Alaska. Ces provisions ne constituent pas une surprise, d’autres groupes pétroliers ayant dû aussi passer des dépréciations en raison de la faiblesse des marges dans le raffinage et alors que les prix du gaz aux Etats-Unis sont à des plus bas de dix ans.
Mais BP a aussi dû passer une provision supplémentaire de 847 millions de dollars en raison de la marée noire de 2010 dont le coût représente désormais un total de 38 milliards de dollars, soit l'équivalent de deux années de bénéfices à taux de change constant. Les investisseurs espèrent un accord entre BP et les autorités américaines avant l'élection présidentielle aux Etats-Unis, mais le groupe a prévenu qu’il existait toujours «des incertitudes importantes» sur ses éventuelles obligations dans le pays. Il a néanmoins fait savoir qu’il était en «discussions avancées» pour vendre ses deux raffineries américaines Texas City et Carson.
BP est également en conflit ouvert avec ses partenaires au sein de la coentreprise TNK-BP. Le quatuor de milliardaires russes qui détient 50% du troisième producteur de pétrole en Russie a décidé lundi de bloquer le paiement du dividende. «Jusqu'à ce que nous soyons capables de résoudre un ou l’ensemble de ces problèmes, nous continuerons à avoir un niveau d’incertitudes élevé sur l’entreprise», a déclaré le directeur général Bob Dudley après l’annonce des résultats.
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