Bouygues Telecom déplace la guerre des prix du mobile vers le fixe

L’offre «low cost» dans l’ADSL concerne une petite frange de la population mais risque de raviver la compétition sur ce segment relativement épargné
Olivier Pinaud

Pas de répit dans les télécoms français. Encore convalescent des séquelles infligées par la guerre commerciale déclarée à l’arrivée de Free dans le mobile début 2012, Bouygues Telecom ouvre un nouveau front, dans le fixe cette fois. L’opérateur propose un forfait internet et téléphone fixe illimité pour 15,99 euros par mois, sans engagement, mais avec des charges à la signature et à la résiliation du contrat (84 euros au total).

Cette offre ne comprend pas d’accès à la télévision, contrairement à la quasi-totalité des offres ADSL actuelles. Mais Bouygues Telecom rappelle que moins de 40% des Français utilisent leur box pour regarder la télévision, en raison d’un débit insuffisant ou de pratiques nouvelles. Les jeunes consomment en effet de plus en plus la télévision via un téléphone mobile, un PC ou une tablette. Un mode de consommation appelé à se développer, l’opérateur en est persuadé.

Réservée à une frange relativement étroite de la population, ne serait-ce qu’en raison de la zone de couverture de Bouygues Telecom (42% des foyers), cette offre «low cost» commercialisée sous la marque B&You vise à répondre à la saturation du marché français de l’ADSL, en le segmentant un peu plus, à la manière de ce qui s’est produit dans le mobile. Bouygues espère aussi relancer sa conquête commerciale. Malgré ce prix, l’opérateur assure gagner de l’argent, ce qui paraît «possible» pour les analystes d’Oddo, «eu égard à des coûts commerciaux très limités», sans compter que sans télévision et sans disque dur l’offre ne sera pas soumise aux taxes «Copé» et sur la copie privée.

Relativement limitée, l’attaque «n’est pas de nature à déstructurer le marché», estime Natixis. Elle risque néanmoins de pousser les concurrents de l’opérateur à riposter et d’alimenter ainsi le climat de déflation dans le secteur des télécoms français alors que le fixe était jusqu’alors épargné. Free et SFR avaient même profité ces dernières années de l’arrivée de leur nouvelles «box» pour augmenter le prix de leur abonnement ADSL. Hier, le cours de l’action Orange, qui avait repris 30% depuis début septembre, a chuté de 3,94% à 9,75 euros, dans un marché en baisse. Vivendi a cédé 0,24 % et Iliad 1,56%. Quand à Bouygues, l’attaque lui a coûté 2,99%.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...