Bouygues ressuscite sa première offre sur SFR et son mécanisme de garantie de valeur

Le groupe veut laisser le choix à Vivendi. Il est prêt à garantir à hauteur d’un milliard la valeur de sa part dans le futur ensemble
Olivier Pinaud

En plus de vouloir lui acheter SFR, Bouygues offre le service après-vente à Vivendi. Le groupe a officialisé hier être prêt à protéger Vivendi contre une baisse de la valeur du futur ensemble Bouygues Telecom-SFR, si jamais les négociations exclusives avec Numericable ne devaient pas aboutir.

Si la valeur de sa part de 43% dans la nouvelle entité tombait ainsi sous les 3,3 milliards d’euros, Vivendi pourrait bénéficier d’une garantie pouvant représenter jusqu’à 1 milliard d’euros. En revanche, «ce mécanisme laisserait à Vivendi l’intégralité de l’upside (amélioration de la valeur)», précise Bouygues.

A deux jours de la fin des négociations exclusives entre Vivendi et Numericable, Bouygues ne relâche donc pas la pression pour tenter d’obtenir l’ouverture de prolongations. La garantie suffira-t-elle à faire changer d’avis les administrateurs de Vivendi ? Prévu dès le 12 mars, le mécanisme de protection de valeur faisait partie de la première mouture de l’offre de Bouygues rejetée par le conseil de surveillance de Vivendi au profit de celle de Numericable. C’est d’ailleurs à cause de ce rejet et de l’ouverture des négociations exclusives que Bouygues avait décidé de revoir sa copie en proposant quelques jours plus tard, le 20 mars, une offre faisant plus de place au numéraire afin de réduire la part que Vivendi serait amené à détenir dans le futur ensemble.

Aujourd’hui, afin de «répondre aux souhaits de certains actionnaires de Vivendi», et pour essayer de multiplier ses chances, le groupe est disposé à présenter en parallèle ses deux montages, laissant ainsi plus de choix au groupe de médias. Une proposition rare pour ce type d’opération d’autant que Bouygues affirmait le 20 mars que son deuxième schéma améliorait «substantiellement» son offre à Vivendi. Les deux sont aujourd’hui mis sur le même plan.

De son côté, mandatée notamment par DNCA, Colette Neuville tente d’obtenir plus de transparence dans le processus de cession de SFR. Autorisé par une ordonnance du tribunal de commerce de Paris, à la demande de la présidente de l’Adam, un huissier a tenté hier d’obtenir les documents liés aux deux offres au siège de Vivendi. Jugeant la démarche «extravagante», le groupe s’est opposé à cette «intrusion perturbatrice» et a décidé de saisir le juge de référés. Quelle que soit la décision prise vendredi par le conseil de surveillance, la bataille pour SFR risque de durer encore quelques mois.

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