Bouygues met une pression maximale sur le conseil de Vivendi
Bouygues met tous les moyens de son côté pour tenter d’arracher SFR aux mains de Numericable. Le groupe a proposé une nouvelle amélioration de son offre de rachat, à quelques heures de l’ouverture du conseil de surveillance de Vivendi qui doit se prononcer cet après-midi sur l’aboutissement ou non des négociations exclusives entretenues avec Numericable depuis trois semaines.
Bouygues augmente ainsi de 1,85 milliard d’euros la partie en numéraire de sa proposition, qui atteint désormais 15 milliards d’euros contre 13,15 milliards précédemment et bien plus que les 11,75 milliards offerts par Numericable. Vivendi détiendrait 10% du nouvel ensemble Bouygues Telecom-SFR, contre 21,5% auparavant. Bouygues est également prêt à verser un complément de prix de 500 millions d’euros, une fois le nouvel ensemble coté en Bourse si sa capitalisation boursière se révélait supérieure à l’actuelle valeur de ses fonds propres. Au total, la nouvelle proposition de Bouygues valorise SFR 16,5 milliards d’euros avant synergies.
Pour financer cette nouvelle offre, Bouygues a enrôlé de nouveaux partenaires. Axa, le holding GIMD de la famille Dassault, le fonds souverain de Singapour (GIC), le fonds de pension des enseignants d’Ontario et Reuben Brothers sont prêts à entrer au capital de Bouygues Telecom-SFR, en plus des soutiens déjà confirmés de la Caisse des dépôts, de François Pinault et de la famille Decaux. Pour sa part, Bouygues se dit en mesure de mobilier 850 millions d’euros. Par ailleurs, l’offre du 12 mars, reposant sur une part plus importante du capital du nouvel ensemble avec moins de numéraire, reste valable, précise Bouygues, laissant ainsi le choix à Vivendi. «Nous pouvons difficilement faire mieux», reconnaît une source proche de Bouygues selon laquelle «si le conseil de surveillance de Vivendi refuse de regarder sérieusement cette offre, il devra prendre ses responsabilité pour l’expliquer aux actionnaires». Vivendi et Numericable n’ont pas réagi.
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