Boeing s’engage à mieux récompenser ses actionnaires l’an prochain
Pour bien faire comprendre à ses actionnaires que les multiples retards de livraison du Boeing 787 («Dreamliner») appartiennent désormais à l’histoire, l’avionneur américain a décidé d’augmenter de deux façons leur rémunération globale. Il va d’abord accroître de 10% son dividende trimestriel ordinaire qui atteindra 48,5 dollars par action, le prochain paiement devant avoir lieu le 8 mars 2013.
Le groupe se distingue ainsi des nombreuses sociétés américaines qui ont décidé de verser par anticipation leurs dividendes en décembre, de crainte que la fiscalité ne soit alourdie en 2013 si les négociations budgétaires entre la Maison Blanche et le Congrès venaient à échouer.
Boeing prévoit ensuite des rachats d’actions sur le marché à hauteur de 1,5 à 2 milliards de dollars «à partir de la fin du mois de janvier prochain», en vertu d’un programme annoncé en octobre 2007, qui portait sur 7 milliards de dollars. Ce programme était interrompu depuis le premier trimestre 2009, alors qu’il restait 3,6 milliards à mobiliser. «La forte génération de cash, la performance opérationnelle de base toujours solide et des perspectives de croissance positives nous permettent de prendre ces mesures pour offrir de la valeur à nos actionnaires», a commenté le PDG de Boeing Jim McNerney.
Le bureau d’analyse de Barclays juge que «cette annonce supposée favorable a un peu déçu les attentes», qui prévoyaient une hausse de 12 à 15% du dividende accompagnée de rachats d’actions atteignant 2,5 milliards de dollars l’an prochain. La prudence de Boeing semble néanmoins compréhensible, compte tenu des coupes automatiques sur le budget de la défense qu’entrainerait un échec des discussions visant à éviter le «mur budgétaire». Peter Arment, analyste chez Sterne, Agee & Leach, table sur «une mise en œuvre assez rapide» de ces 2 milliards de dollars de rachats de titres et sur l’annonce d’un nouveau programme de rachats débordant sur l’exercice 2014.
Avec un cash-flow libre supérieur à 2 milliards de dollars sur les 9 premiers mois de 2012 et une trésorerie de 11,2 milliards qui couvre exactement sa dette financière, l’avionneur dispose d’un matelas financier déjà très confortable. Celui-ci devrait encore s’accroître au cours des prochaines années, le groupe étant en phase d’accélération de ses cadences de production afin de résorber une partie de son carnet de commandes qui totalisait 378 milliards de dollars au 30 septembre.
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