Boeing l’emporte sur Airbus dans le contrat sur les ravitailleurs américains
Le Pentagone a tranché hier soir de façon inattendue en faveur de Boeing dans la compétition qui l’oppose à Airbus, filiale d’EADS, pour la livraison d’avions ravitailleurs à l’armée de l’air américaine. Si la valeur totale du contrat est estimée à 35 milliards de dollars (26 milliards d’euros) au rythme de 15 appareils achetés par an, la phase initiale prévoit «un contrat ferme à prix fixe de 3,5 milliards de dollars pour la livraison de 18 appareils d’ici 2017», précise le communiqué. L’action Boeing prenait 3,5% dans les transactions électroniques en après-Bourse à New York.
Les responsables du Pentagone ont refusé de détailler la teneur des deux offres et se sont bornés à déclarer que l'écart entre elles était de plus de 1%. «J’estime que nous avons mis au point un processus clair, transparent et ouvert (…) et que rien ne permet de le contester», a déclaré le secrétaire adjoint à la Défense William Lynn.
Selon Boeing, ce contrat soutiendra 50.000 emplois aux Etats-Unis, le directeur général de Jim McNerney s'étant dit «honoré» d’avoir remporté l’appel d’offres. Il assure que les nouveaux appareils, destinés à remplacer une flotte de KC-135 datant des années 50, seront équipés «de techniques de pointe afin qu’ils puissent effectuer les missions qu’on leur demandera à l’avenir».
Les analystes estiment cependant qu’un rebondissement n’est pas à écarter dans cette saga qui a vu ce contrat annulé à deux reprises, après avoir été attribué à Boeing en 2003, puis à Airbus et Northrop Grumman en 2008. Le Congrès lui-même était partagé sur le dossier, les élus de certains Etats (Alabama, Louisiane, Mississipi) où aurait été assemblé le ravitailleur d’Airbus s’étant opposés à d’autres Etats hébergeant les sites de Boeing.
Mais c’est surtout EADS qui devra peser sa décision. Disposant de 10 jours pour contester ce choix, il avait auparavant annoncé qu’il ne ferait appel qu’«en cas d’erreur flagrante». Pour l’heure, «cette affaire a pris un tour décevant, et nous attendons de discuter avec l’armée de l’air pour voir comment ils en sont arrivés à cette conclusion», a déclaré Ralph D. Crosby, président d’EADS pour l’Amérique du Nord. Richard Aboulafia, analyste chez Teal Group, estime que si le dossier en restait là, Boeing serait parvenu à contrer la plus grande offensive jamais menée par EADS dans le secteur de la défense.
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